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RCA: face à l’épidémie d’Ebola en RDC, des experts sanitaires appellent au respect des consignes

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Par Mamadou NGAINAM

Bangui 19 mai 2026—(Ndjoni Sango): Face à la recrudescence des cas d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé sa vive préoccupation devant une flambée épidémique qui a déjà causé plus de 500 cas et 131 décès. Cette situation alerte l’ensemble des pays voisins, notamment la République centrafricaine, exposée au risque de propagation transfrontalière du virus.

L’infection à virus Ebola demeure l’une des maladies les plus dangereuses au monde, avec un taux de mortalité élevé. Selon les spécialistes de santé publique, la compréhension des modes de transmission et le strict respect des mesures de prévention constituent les armes les plus efficaces pour freiner la propagation du virus.

Les experts rappellent que les chauves-souris frugivores sont considérées comme les hôtes naturels du virus. La contamination humaine initiale survient généralement après un contact direct avec le sang, les sécrétions ou les organes d’animaux infectés, notamment les grands singes, les antilopes forestières ou les porcs-épics. La consommation de viande sauvage insuffisamment cuite représente également un facteur de risque important.

Une fois introduit dans la population humaine, le virus se transmet exclusivement par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée ou décédée : sang, vomissures, selles ou sécrétions. Les objets contaminés, tels que les vêtements, draps ou équipements médicaux, peuvent également devenir des vecteurs de transmission. Les autorités sanitaires soulignent qu’une personne infectée n’est contagieuse qu’après l’apparition des premiers symptômes.

Les personnels de santé figurent parmi les catégories les plus exposées lorsque les mesures de protection ne sont pas correctement appliquées. Les rites funéraires traditionnels, impliquant des contacts directs avec le corps des défunts, constituent aussi un facteur majeur de diffusion du virus dans les communautés.

Pour contenir l’épidémie, l’OMS recommande un ensemble coordonné de mesures : détection rapide des cas, prise en charge médicale précoce, surveillance épidémiologique renforcée et suivi systématique des cas contacts pendant 21 jours. L’organisation insiste également sur l’importance des enterrements sécurisés et de la sensibilisation communautaire afin de limiter les résistances et les fausses informations.

La flambée actuelle dans l’est de la RDC est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Toutefois, plusieurs recherches sont en cours. Le taux de létalité associé à cette variante varie entre 30 % et 50 %, selon les données sanitaires disponibles.

Les autorités sanitaires recommandent à la population d’éviter tout contact avec les liquides biologiques d’autrui, de ne pas manipuler les corps des personnes décédées sans équipement de protection adapté et de s’abstenir de toucher des animaux sauvages retrouvés morts, notamment les chauves-souris et les singes.

En République centrafricaine, des experts du secteur de la santé appellent à un renforcement immédiat des contrôles sanitaires et des dispositifs de quarantaine aux frontières avec la RDC. Selon eux, une vigilance accrue, associée à des campagnes massives de sensibilisation, pourrait permettre d’éviter l’introduction du virus sur le territoire centrafricain.