
Par Marly Pala
Bangui 3 mars 2026 – (Ndjoni Sango) : Et si la République centrafricaine misait davantage sur ses œuvres culturelles pour raviver la mémoire collective et transmettre son histoire aux générations futures ? La question mérite d’être posée dans un pays riche d’un passé souvent méconnu, voire négligé.
Les œuvres artistiques et culturelles constituent des témoins privilégiés de l’histoire d’une nation. Sculptures, objets anciens, archives, vestiges archéologiques et créations contemporaines retracent les différentes étapes politiques, sociales et culturelles qui ont façonné l’identité d’un peuple.
À travers les musées et centres culturels, ces éléments deviennent des outils de transmission, d’éducation et de valorisation touristique.
Pourtant, en Centrafrique, le secteur des arts et de la culture semble relégué au second plan. Du colonialisme aux crises politico-militaires récentes, en passant par des épisodes marquants comme la guerre de Kongo-Wara ou la disparition tragique du Père fondateur Barthélémy Boganda, l’histoire nationale regorge d’événements majeurs qui mériteraient une mise en lumière plus soutenue.
Face à cette situation, certaines voix appellent à une prise de conscience. Claude Assombélé, observateur engagé, plaide pour une meilleure protection et valorisation des œuvres culturelles centrafricaines.
Selon lui, le pays, situé au cœur du continent africain, a toujours suscité l’intérêt de puissances étrangères en raison de ses richesses et de son positionnement stratégique. Il regrette toutefois que les récits du passé ne soient pas suffisamment documentés ni transmis aux nouvelles générations.
Au-delà de l’aspect mémoriel, la promotion du patrimoine culturel représente également un enjeu économique. De nombreux pays africains réclament aujourd’hui la restitution d’objets historiques emportés durant la période coloniale, conscients de leur valeur symbolique et touristique.
En Centrafrique, une politique volontariste de conservation, de recherche et de valorisation des biens culturels pourrait contribuer à renforcer l’identité nationale tout en générant des revenus à travers le développement du tourisme culturel.
Réhabiliter la mémoire collective par la culture, c’est aussi consolider le sentiment d’appartenance et la cohésion sociale. À l’heure où la nation aspire à la stabilité et à la reconstruction, la redécouverte et la promotion de son patrimoine pourraient constituer un levier stratégique pour bâtir un avenir enraciné dans la connaissance de son passé.









































