Synergie: 6è édition consacrée aux élections

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Le chef de la MINUSCA avec les membres de la synergie 

L’Observatoire des Médias en Centrafrique sanctionne quatre organes de la presse écrite

Par décision n°002 du 22 janvier 2016, quatre organes de la presse écrite écopent de différentes sanctions allant d’une mise en garde à un avertissement. Ainsi le quotidien « La Fraternité », accusé d’avoir violé le Code d’éthique et de déontologie du journaliste en Centrafrique « est mis en garde pour injures et diffamation ». Par contre, les quotidiens « La Renaissance » et « Les Dernières Nouvelles » ainsi que l’hebdomadaire « Le Tam-tam » reçoivent chacun un avertissement pour avoir violé certaines dispositions de l’Ordonnance 05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de communication en République Centrafricaine.

En effet, il est reproché à  l’hebdomadaire « Le Tam-tam » la calomnie, le mensonge et l’altération de documents tandis que le quotidien « La Renaissance » a reçu un avertissement pour les faits d’accusations sans preuve, de propos outrageux et mensongers. « Les Dernières Nouvelles » reçoit la même sanction pour non-respect à l’égard des autorités publiques légalement établies.

L’article 5 de cette décision précise : « Tous ces organes sanctionnés sont condamnés à publier la présente décision » dans leurs colonnes. Autre dossier enrôlé par l’organe d’auto régulation de la presse centrafricaine est celui de Patrick Akibata, Directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Charpentier » qui, selon le directoire de l’OMCA, aurait violé les dispositions de l’article 5 du Code de bonne conduite des médias centrafricains en période électorale. Mais ce cas atypique sera examiné prochainement lors d’une audience du tribunal des pairs.

Il est à noter que ces sanctions font suite aux rapports circonstanciés produits par le service de monitoring de l’OMCA pour le mois de décembre dernier. Ces rapports ont révélé des fautes graves et la violation de certaines dispositions de l’Ordonnance 05.002 du 22 février 2005 relative à la liberté de la Communication en République Centrafricaine, du Code d’éthique et de déontologie du journaliste en RCA et du Guide de bonne conduite des médias centrafricains en période électorale. Toutefois, d’autres sanctions restent en perspective: Des auditions sont actuellement en cours à l’OMCA au sujet d’une série d’articles diffamatoires ou outrageants publiés par certains organes de la presse écrite et incriminant sans preuve le Représentant Spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Aurélien Agbénonci. Frédéric Mégnet Ntonga.

 Des experts expliquent pourquoi les législatives ont été annulées

La 5ème émission radiophonique de la Synergie des Médias pour la couverture des élections a été réalisée le vendredi 29 janvier dernier à la Radio « la Voix de l’Evangile » à Bangui avec Guy Eugène Demba, chef de Département des Sciences Politiques à l’Université de Bangui et Me Bruno Hyacinthe Gbiegba, Avocat à la Cour et formateur de l’Observatoire National des Elections (ONE).

Le thème portait sur la décision rendue par la Cour Constitutionnelle de Transition d’annuler les élections législatives du 30 décembre dernier.

Pour Guy Eugène Demba, la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition était justifiée  en raison des nombreuses anomalies constatées, notamment « l’attribution d’un même numéro à deux candidats, doublon du nom d’un candidat sur un bulletin, etc. »

Quant à Me Bruno Hyacinthe Gbiegba, il indique qu’il est impérieux de mettre un accent particulier « sur la formation des agents électoraux, la confection des bulletins, le déploiement des matériels sensibles dans les bureaux de vote dans l’arrière-pays et l’acheminement des bulletins de vote et des procès-verbaux de l’intérieur du pays au Centre de Traitement des Données de l’Autorité Nationale des Elections (ANE) en temps opportun.

En définitive, les deux invités ont demandé aux leaders politiques et aux Centrafricains de respecter les institutions et la loi de la République car, ont-ils conclu, « personne n’est censé ignorer la Loi ».

 Pour le scrutin du 14 février prochain, les candidats et les partis politiques doivent tout faire pour envoyer leurs représentants dans tous les bureaux de vote afin d’éviter d’autres irrégularités conduisant une fois de plus à une pléthore de recours en annulation.

Parlant des électeurs, les invités  de cette table ronde organisée par la Synergie des Médias les ont exhortés à choisir non pas sur la base du clientélisme ou du népotisme mais plutôt sur celui des projets de société fiables.

Rappelons que ces élections législatives qui seront reprises le 14 février prochain, seront couplées avec le second tour de la présidentielle. Abraham Azouyangui

L’Autorité Nationale des Elections (ANE) recycle ses agents

« Chat échaudé craint l’eau froide ». Tirant les leçons des scrutins des 13 et 30 décembre, l’Autorité Nationale des Elections organise des sessions de formation pour combler les lacunes de ses agents électoraux  avant le prochain scrutin.

 « Chat échaudé craint l’eau froide ». Piquée au vif par la Cour constitutionnelle qui a annulé les élections législatives du 30 décembre dernier, l’ANE veut renforcer les capacités de ses agents. Du 4 au 5 février, ceux-ci seront outillés sur le mécanisme de remplissage des procès-verbaux et des feuilles de résultats.  »Lors du référendum constitutionnel, nous avons relevé des imperfections assez élevées et des mesures ont été prises pour les corriger. Ainsi, au 1er tour des élections couplées du 30 décembre 2015, bien qu’il y ait eu une nette amélioration, il y a toujours des cas qui  se sont avérés. Les procès-verbaux et les feuilles  des résultats étaient absolument inexploitables du fait qu’ils  n’ont pas été bien remplis par certains agents, recrutés pourtant sur la base d’un certain nombre de critères définis par l’ANE », a expliqué le rapporteur général de l’ANE, Julius Rufin  Ngouadé-Baba. Selon lui, cette formation est exclusivement réservée à la pratique de remplissage des procès-verbaux et des feuilles  de résultats.  »Au regard du constat fait à partir des procès-verbaux et feuilles de résultats, tantôt illisibles pour certains ou mal remplis pour d’autres, nous avons décidé d’une formation pratique, où en tant que commissaires, nous effectuerons des descentes sur le terrain pour appuyer nos démembrements  et les autorités locales non seulement à faire un choix objectif de certains compatriotes qui viendront  en appui pour que ces imperfections soient corrigées », a-t-il ajouté. Pour le président du bureau de vote numéro 6 au centre de vote de l’école Amitié (4ème arrondissement de Bangui), Ben Sédard Béfio, « les difficultés relevées dans les traitements des procès-verbaux et les feuilles de résultats sont dues à la foi au non-respect des consignes données pendant les séances de formation ou bien c’est parce que certains agents électoraux ne savent pas bien lire et écrire correctement ». Il a par ailleurs souhaité que l’ANE fasse recours aux enseignants qualifiés pour appuyer les bureaux de vote défaillants afin de garantir le bon déroulement de ces futures élections. Il faut rappeler que lors d’une conférence de presse, le 14 janvier dernier, la Présidente de l’ANE, Marie-Madeleine N’kouet Hoornaert avait reconnu que 18% des procès-verbaux du premier tour des élections du 30 décembre n’avaient pas été traités par l’ANE pour diverses raisons. Ghislain Ngoyo   

« On est en train de voir le réaménagement des dispositifs »

 Le Porte-parole de la Force explique à notre reporter comment la Minusca s’emploie à rectifier le tir quant aux manquements sécuritaires observés lors du  1er tour.

Pourquoi, malgré le plan de sécurisation, de nombreux actes d’intimidation ont eu lieu dans les centres de vote, ce qui a conduit la CCT à annuler les législatives? A mon sens, ce n’est pas principalement un problème de sécurité qui aurait poussé la CCT à annuler les législatives. A mon sens, nous avons suivi le déroulement de tout le processus. Sur le point de vue sécuritaire, je crois qu’il n’y a pas eu beaucoup de problèmes. Les intimidations  peuvent avoir eu lieu au niveau des localités, chez eux, dans leurs villages, mais des intimidations qui n’étaient pas visibles et qui ne pourraient pas pousser la force de la MINUSCA à agir. Si les intimidations ont eu lieu à l’intérieur des quartiers, à l’intérieur des villages pour que les gens ne puissent pas aller voter, là on ne pourrait pas le dire réellement qu’on pouvait pas entrer dans tous les villages pour éviter que ces intimidations aient lieu. Nous avons jusqu’à présent  un seul  centre où les matériels ont été saccagés, c’est dans le Mbomou.

La MINUSCA a été déployée dans l’arrière-pays et dans les villes et villages, voire dans les zones sensibles.  Mais le problème d’insécurité demeure. Est-ce un problème d’effectif ?

Nous avons essayé de couvrir tout le territoire avec les moyens qu’on avait. Comme le plan de sécurisation des élections l’indique très bien, dans les zones sensibles, c’est là où on met des postes statiques, mais dans les zones moins sensibles, c’est là où nos forces font des patrouilles pour voir s’il y a l’un ou l’autre problème  qui peut surgir et sachez aussi que, comme dans nos conférences de presse précédentes nous avons déjà indiqué que la patrouille et le poste statique entre la patrouille et le poste de vote, ont des connexions, une liaison téléphonique pour que si un poste, même jugé non sensible, connaît une petite perturbation, il y ait une liaison téléphonique avec la patrouille pour qu’elle se dépêche pour sécuriser le vote. C’est dire que les effectifs sont limités, il est vrai, on ne peut pas dire qu’on a des effectifs pour mettre un peu partout dans le pays et c’est pourquoi on essaie de cibler les postes sensibles, les zones sensibles et les zones moins sensibles, on met des postes statiques dans les zones sensibles, on met des patrouilles dans les zones moins sensibles, c’est justement pour dire qu’on ne peut pas avoir un effectif suffisant pour mettre les hommes un peu partout. Mais avec les effectifs qu’on a, on essaie de les programmer, de telle manière qu’on puisse couvrir le territoire pour que les élections puissent se passer en toute tranquillité. Comme je l’ai dit lors des élections précédentes, on avait fait un dispositif adapté qui nous permettait quand même d’assurer la sécurité des votants et comme je le dis, si ce n’est ce poste qui était considéré comme dans une zone pas sensible moins sensible qu’on a vu que les matériels ont été saccagés, ailleurs, il n’y avait pas de problème de sécurité majeure. Maintenant, on est  en train de réaménager nos dispositifs, parce qu’une zone qui était sensible lors des élections précédentes, peut être maintenant  moins sensible et une zone qui était considéré comme moins sensible aujourd’hui peut être sensible demain. C’est dire que compte tenu de l’évolution de la situation sécuritaire, on peut aménager notre dispositif sécuritaire après analyse de la situation sécuritaire. Je vous donne un exemple très parlant : hier, la préfecture de Mbomou n’était pas un zone trop sensible, maintenant c’est une zone sensible. Hier Paoua n’était pas une zone trop sensible, maintenant c’est une zone trop sensible, c’est dire qu’on évalue chaque jour, chaque fois la situation sécuritaire et on peut déterminer quelle est la zone sensible, quelle zone est non sensible, où on peut déployer un poste statique où on peut déployer nos patrouilles. C’est dire qu’en matière de sécurité, rien n’est statique, ça évolue de jour en jour et on a besoin de faire une évaluation de la situation chaque jour pour savoir comment changer nos dispositifs de sécurité pour ces élections futures. C’est dire par exemple que dans la Vakaga, la Haute Kotto et le Mbomou on a même installé des positions à l’intérieur pour pouvoir assurer la sécurité des élections futures parce qu’aujourd’hui nous considérons que cette zone est une zone sensible. C’est dire que le dispositif change suivant le degré de sécurité de chaque zone.

Pour le second tour, quelles mesures vont être prises pour mettre les candidats et les électeurs à l’abri d’actes d’intimidation?

Comme je l’avais dit tantôt, les mesures qu’on a déjà prises, c’est qu’on doit revoir notre dispositif de sécurité pour mettre des postes statiques dans les zones où c’est plus sensible que les autres. Comme je vous ai déjà parlé de la Vakaga, où on va installer des positions temporaires dans Ouandja, Ouadda Djallé, Tiringoulou, Yalinga et dans le Mbomou, on va installer des positions temporaires dans Ouango, dans Béma où le matériel électoral a été saccagé. C’est pour vous dire que compte tenu des leçons que nous avons tirées des élections antérieures, on est en train de voir le réaménagement des dispositifs. Ce sont ces mesures qu’on est en train de prendre pour que les erreurs qui auraient été commises lors des premières élections ou bien s’il y a eu changement de terrain en matière de sécurité, qu’on puisse réaménager, pour que demain ou après-demain on ne puisse pas être surpris. Nous sommes préparés pour qu’après les élections tous les matériels soient acheminés de façon sécurisée  au bureau du centre de traitement par nos éléments pour qu’il n’y ait pas de fuite parce que, comme vous l’avez entendu, il a été remarqué qu’il y a des bulletins ou des urnes qui ont été remarqués dans un taxi où les gens disaient que c’était des tricheries. On va éviter de telles choses pour que nos hommes sachent exactement après le vote que tout le matériel, tous les bulletins soient acheminés en mains sûres jusqu’au centre de traitement. Ce sont des mesures qu’on est en train de prendre pour éviter qu’il y ait encore des petits problèmes qui dérangent le déroulement normal des élections. Propos recueillis par   Sébastien Lamba

La rédaction

 

 

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