RCA: quand la communauté internationale veut museler la liberté d’expression

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Une vue d'oiseau de la ville de Bangui , capitale centrafricaine

Par Erick NGABA

Une vue d’oiseau de la ville de Bangui , capitale centrafricaine

EDITORIAL

Bangui 15 février 2020— (Ndjoni Sango) : La communauté internationale en République centrafricaine se croit sur une autre planète contraire celle des êtres humains. Elle pense que la liberté d’expression qui est cultivée à travers le monde ne peut être partagée par les citoyens centrafricains qu’elle considère comme des sous-hommes. Car visiblement, la communauté internationale estime que les Centrafricains ne peuvent se révolter contre ses magouilles en RCA.
 L’affaire des fonctionnaires véreux de la Minusca qui pilule les réseaux sociaux, est devenue l’affaire de tous, tout ce monde qui représente la communauté internationale en RCA. Les Ambassades des Etats-Unis, de France, de l’Union européenne, de la CEEAC, de la MISAC, la Banque mondiale, et le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RCA, tous réunis au sein d’une plateforme dénommée G5, s’élèvent en bloc pour défendre la Minusca, face au ras-le-bol des activistes centrafricains.
En effet, des jeunes activistes centrafricains ont révélé sur les réseaux sociaux l’implication de plusieurs fonctionnaires de la Mission onusienne en RCA (MINUSCA), dans les violences armées qui dévastent le pays. Ces révélations sont relayées dans les médias et réseaux sociaux. Des pétitions et des circulaires adressées par les activistes centrafricains aux autorités centrafricaines de rapatrier ces personnes soupçonnées d’être derrière les cycles de violences en RCA.
Dans un premier temps, c’est la Minusca qui réagit à travers un communiqué laconique pour accuser la presse centrafricaine et certaines organisations des jeunes activistes centrafricaines d’être incitateurs à la haine, vecteurs des informations diffamatoires contre ces agents. Or, les réactions de ces activistes sont un sentiment de ras-le-bol pour dénoncer les manœuvres dilatoires des fonctionnaires véreux des Nations unies en RCA.
S’érigeant en avocat défenseur, les membres du G5, un groupe de soutien à la République centrafricain constitué des institutions citées ci-haut, se permettent eux aussi d’empêcher les Centrafricains de s’exprimer librement. A travers un communiqué de presse aussi laconique, les membres du G5 qualifient les réactions des Centrafricains de campagne de désinformation, de stigmatisation et des messages de haine contre la Minusca.
Les réactions de la communauté internationale témoignent leur complicité envers la Minusca qui contribue à la déstabilisation de la République centrafricaine qui peine à retrouver la paix. Ce n’est plus un secret, la crise centrafricaine profite à la communauté internationale. C’est ce qui explique aussi la complexité de cette crise qui continue d’endeuiller le peuple centrafricain.

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