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RCA: la traque des faux diplômes relance le débat sur la moralisation de la fonction publique

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Vue partielle du centre ville de Bangui

Par Arnold Ouessebanga

Bangui 23 avril 2026—(Ndjoni Sango): La question des faux diplômes dans la fonction publique centrafricaine suscite de vives réactions au sein de l’opinion. Alors que les autorités judiciaires ont engagé des poursuites, de nombreuses voix s’élèvent pour demander un élargissement des enquêtes à tous les niveaux de l’administration.

À l’origine de cette vague d’indignation, une instruction du ministre d’État chargé de la Justice, Dr. Arnaud Djoubaye Abazène, visant à demander au Procureur de la République d’ouvrir une enquête sur des cas présumés de falsification de diplômes dans les dossiers d’intégration à la fonction publique. Selon plusieurs sources concordantes, près de 600 dossiers seraient concernés par ces irrégularités, révélant l’ampleur du phénomène.

Cette situation intervient dans un contexte marqué par les efforts du président Faustin Archange Touadéra pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes diplômés à travers des recrutements dans les administrations publiques. Mais ce processus, censé promouvoir le mérite et l’égalité des chances, se trouve fragilisé par des pratiques frauduleuses.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire met en lumière un problème plus profond lié à la gouvernance et à l’éthique dans les institutions publiques. La République centrafricaine, fondée sur la devise « Unité, Dignité, Travail », se doit de garantir la transparence et l’intégrité dans ses mécanismes de recrutement.

Dans ce contexte, certains citoyens, s’exprimant sous couvert d’anonymat, plaident pour un élargissement des investigations au-delà des seuls candidats à l’intégration. Ils estiment que la lutte contre les faux diplômes devrait également concerner les agents déjà en poste, voire atteindre les plus hautes sphères de l’administration, afin d’assurer une véritable équité.

La question du mérite est ainsi au cœur des préoccupations. «Comment valoriser les compétences réelles si des individus accèdent à la fonction publique sur la base de documents falsifiés ? », s’interrogent plusieurs citoyens.

L’issue de cette affaire pourrait constituer un tournant majeur dans la moralisation de la vie publique en République centrafricaine. Si les enquêtes annoncées sont menées avec rigueur et impartialité, elles pourraient contribuer à restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions et à renforcer la crédibilité de l’administration publique.