Par Erick NGABA
Bangui 20 mai 2026—(Ndjoni Sango) : La reconduction de Félix Moloua à la tête du gouvernement par le Président Faustin-Archange Touadéra ne marque pas seulement une continuité politique dans la 7ᵉ République. Elle ouvre également une nouvelle phase où l’exigence de discipline administrative, de patriotisme et de moralisation de la gestion publique semble désormais placée au cœur de l’action gouvernementale.
À travers les trois principales orientations adressées aux futurs membres de son gouvernement, le Premier ministre envoie un message. L’État centrafricain veut rompre avec les habitudes qui freinent son efficacité et restaurer une culture du service public fondée sur la rigueur et la responsabilité.
La ponctualité au bureau
La première exigence, celle d’être présent au travail à 8 heures précises, peut paraître simple. Pourtant, elle revêt une portée symbolique importante dans une administration souvent critiquée pour ses lenteurs, l’absentéisme et le relâchement dans le fonctionnement des services publics. En insistant sur la ponctualité, Félix Moloua rappelle qu’aucune réforme sérieuse ne peut réussir sans discipline. Le temps administratif est aussi un temps économique et social, dont chaque retard dans les bureaux publics se traduit par des difficultés supplémentaires pour les citoyens qui attendent des réponses de l’État.
Le patriotisme
La deuxième orientation touche à la fibre patriotique. La levée du drapeau chaque lundi et le chant de l’hymne national dans les institutions publiques traduisent la volonté de réhabiliter le sentiment d’appartenance nationale au sein de l’administration. Dans un pays longtemps fragilisé par les crises politico-militaires, le patriotisme n’est pas seulement un symbole, car il devient un instrument de cohésion nationale et de reconstruction de l’autorité de l’État. Le gouvernement semble vouloir rappeler que servir l’administration, c’est avant tout servir la nation.
Cette démarche peut également être interprétée comme une tentative de rapprocher davantage les agents publics des valeurs républicaines. Le drapeau et l’hymne national ne sont pas de simples rituels protocolaires. Ils incarnent l’unité, la souveraineté et la continuité de l’État centrafricain.
Lutte contre la mauvaise gouvernance et la corruption
Enfin, le troisième axe apparaît comme le plus déterminant est la lutte contre la mauvaise gouvernance et la corruption. En annonçant l’activation des cellules de veille contre la corruption à tous les niveaux, le Premier ministre place son futur gouvernement face à une obligation de résultats.
La corruption demeure l’un des principaux obstacles au développement de la République centrafricaine. Elle affaiblit les institutions, réduit l’efficacité des politiques publiques et alimente la méfiance des citoyens envers l’administration.
L’enjeu est désormais de transformer cette volonté politique en actions concrètes. Les Centrafricains attendent des mécanismes de contrôle crédibles, des sanctions contre les abus et une véritable culture de reddition des comptes. Sans application rigoureuse, les discours sur la lutte contre la corruption risquent de rester symboliques.
À travers ces trois exigences, Félix Moloua semble vouloir instaurer une nouvelle méthode de gouvernance basée sur la discipline, le patriotisme et l’intégrité. Le défi sera désormais de faire respecter ces principes dans l’ensemble de l’appareil étatique, dans un contexte où les attentes sociales demeurent immenses.
La réussite de cette orientation dépendra moins des annonces que de la capacité du gouvernement à donner l’exemple au sommet de l’État. Car dans toute réforme administrative, la crédibilité commence toujours par l’exemplarité des dirigeants.








































