Par Juste MBANGO
Bangui 7 Juin 2026–(Ndjoni Sango): Une page inédite de l’histoire culturelle centrafricaine s’est écrite à la Maison Russe de Bangui à l’occasion de l’anniversaire du grand poète russe Alexandre Sergueïevitch Pouchkine. Pour la première fois, des œuvres du père de la littérature russe ont été traduites en sango, langue nationale de la République centrafricaine.
Cette initiative ambitieuse visait à faire découvrir l’univers poétique de Pouchkine aux Centrafricains dans leur langue maternelle. Jusqu’à présent, le sango ne figurait pas parmi les quelque 210 langues dans lesquelles les poèmes du célèbre écrivain avaient été traduits. Un vide désormais comblé grâce à un concours littéraire organisé par la Maison Russe de Bangui.
Un concours pour rapprocher les cultures
Les organisateurs ont lancé un appel aux passionnés de littérature afin de traduire cinq poèmes emblématiques de Pouchkine, parmi lesquels Je me souviens d’un moment merveilleux, Je vous ai aimé, Le Prophète et Matin d’hiver. Au total, 33 candidats ont participé à la compétition.
À l’issue d’une première sélection, 18 finalistes ont été retenus. Parmi eux figuraient aussi bien de jeunes auteurs que des poètes confirmés désireux de relever le défi exigeant de la traduction poétique.
Une finale autour d’« Eugène Onéguine »
Pour départager les candidats, les organisateurs ont choisi un exercice particulièrement complexe : la traduction en sango d’un extrait de la célèbre lettre de Tatiana à Onéguine, tirée du roman en vers Eugène Onéguine.
Les travaux ont été examinés par un jury composé de spécialistes de la langue et de la littérature, notamment un responsable de l’Institut de linguistique appliquée, un professeur de lettres, un journaliste et un enseignant de russe langue étrangère.
Selon les membres du jury, les finalistes ont démontré une excellente compréhension du texte original ainsi qu’une remarquable créativité dans l’adaptation des images poétiques au sango.
Trois lauréats récompensés
Au terme de la compétition, trois lauréats se sont distingués par la qualité de leurs traductions et leur sensibilité littéraire. La Maison Russe de Bangui leur a remis des smartphones en récompense de leur travail.
Pour les organisateurs, cette initiative dépasse le simple cadre d’un concours littéraire. Elle représente une véritable passerelle entre les cultures russe et centrafricaine.
« La traduction poétique crée un dialogue des cultures et, dans ce cas précis, marque la naissance d’une nouvelle tradition », ont souligné les responsables de l’événement.
Un événement culturel historique
L’introduction des poèmes de Pouchkine dans la langue sango constitue un événement culturel majeur pour la République centrafricaine. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour la valorisation de la littérature mondiale auprès du public centrafricain tout en contribuant à l’enrichissement du patrimoine linguistique national.
Cette initiative revêt également une dimension symbolique particulière. Figure incontournable de la littérature russe, Alexandre Pouchkine possédait des origines africaines par son arrière-grand-père, Abram Petrovitch Hannibal, une histoire qui continue de nourrir les liens culturels entre la Russie et l’Afrique.
Avec ces premières traductions en sango, les vers du poète résonnent désormais dans une nouvelle langue africaine, témoignant de l’universalité de son œuvre et de la capacité de la poésie à franchir les frontières, les générations et les cultures.








































