Par Erick NGABA
Bangui 8 juin 2026—(Ndjoni Sango) : Le Maroc franchit un cap historique dans son développement économique. Selon un récent rapport de la Banque africaine de développement (BAD), le royaume est devenu en 2025 le pays le plus industrialisé du continent africain, détrônant ainsi l’Afrique du Sud, longtemps considérée comme la principale puissance industrielle d’Afrique.
Cette performance est le résultat d’une stratégie industrielle menée depuis près de deux décennies sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Grâce à une politique volontariste axée sur l’attraction des investissements, le développement des infrastructures et la diversification de l’économie, le Maroc a progressivement renforcé son tissu industriel et amélioré sa compétitivité à l’échelle internationale.
Une stratégie industrielle récompensée
Le rapport de la BAD met en avant plusieurs facteurs ayant contribué à cette ascension. Le pays a bénéficié d’une forte progression des investissements publics et étrangers, de la création de zones industrielles modernes et d’importants projets d’infrastructures destinés à faciliter les échanges commerciaux.
Parmi les symboles de cette réussite figure Port Tanger Med, devenu le premier port d’Afrique en termes de capacité et de connectivité. Cette plateforme logistique stratégique a permis au royaume de s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur mondiales et d’attirer de nombreux groupes industriels internationaux.
Une industrie diversifiée et tournée vers l’avenir
Longtemps dépendante des phosphates et de certains secteurs traditionnels, l’économie marocaine a su diversifier sa base industrielle. Aujourd’hui, le royaume se distingue particulièrement dans l’automobile et l’aéronautique, deux secteurs à forte valeur ajoutée.
Selon Abdelmalek Alaoui, président de l’Institut marocain d’intelligence stratégique, le pari de développer l’industrie aéronautique a porté ses fruits. Il affirme que la majorité des avions produits dans le monde depuis les années 2000 intègrent au moins un composant fabriqué au Maroc, illustrant ainsi l’intégration croissante du pays dans l’industrie mondiale.
Cette montée en puissance repose également sur la qualité des infrastructures nationales, notamment dans les domaines du transport, de la logistique et des télécommunications, qui ont favorisé l’implantation de nouveaux investisseurs.
Une réussite économique aux bénéfices inégalement répartis
Malgré ces résultats encourageants, plusieurs défis demeurent. Les experts soulignent que la croissance industrielle n’a pas encore profité de manière uniforme à l’ensemble du territoire.
Le développement économique s’est principalement concentré autour des grands centres urbains, des zones portuaires et des régions fortement intégrées à l’économie mondiale. À l’inverse, certaines zones rurales ou périphériques continuent d’accuser un retard en matière de développement et d’accès aux opportunités économiques.
Cette situation contribue à creuser les écarts sociaux entre les populations bénéficiant directement de l’industrialisation et celles qui restent en marge de cette dynamique.
Le défi de l’emploi
Au-delà des disparités territoriales, la question de l’emploi reste l’un des principaux enjeux du modèle marocain. Dans un rapport publié récemment, la BAD souligne que le pays dispose d’un tissu entrepreneurial dynamique mais rencontre encore des difficultés à générer suffisamment d’emplois pour absorber la croissance de sa population active.
Ainsi, si le Maroc s’impose désormais comme la locomotive industrielle du continent africain, la prochaine étape consistera à transformer cette réussite économique en progrès social plus inclusif afin que les bénéfices de l’industrialisation profitent à l’ensemble des citoyens.







































