Par Juste MBANGO
Bangui 29 octobre 2026—(Ndjoni Sango): Au niveau du pont Miskine à Bangui, un conducteur de taxi-moto a été violemment agressé par des malfaiteurs. Aspergé d’un produit toxique, dépouillé de sa moto, de son téléphone, de sa recette et de ses chaussures, il a ensuite été jeté dans un canal d’eaux usées, abandonné à son sort.
Alertés par des jeunes du quartier, les gendarmes en poste sur le pont sont rapidement intervenus. L’adjudant-chef Wilfried Wilfried Deffarafiobona, l’adjudant Baguini et le gendarme de 2e classe KOULE ont fait preuve d’un courage et d’une humanité exemplaires. Ils ont sorti la victime du canal boueux, l’ont nettoyée et, constatant qu’elle respirait encore, l’ont transportée en urgence à l’Hôpital Communautaire de Bangui.
Mais le véritable choc est survenu aux urgences de l’hôpital
Alors que c’est acte de bravoure posé par ces éléments des forces de l’ordre, mais une attitude hospitalière qui suscite colère et indignation à l’hôpital communautaire de Bangui.
Selon le témoignage recueilli, au lieu de prendre immédiatement en charge cet homme en détresse, un interne aurait demandé aux gendarmes de le faire sortir de l’hôpital, invoquant un manque de place.
En réalité, l’absence d’argent pour payer la consultation et les premiers soins, ainsi que l’absence de proches pour accompagner la victime, auraient pesé dans cette décision.
Il a fallu l’intervention d’une conseillère à la présidente de la République en matière des affaires sociales, présente sur les lieux, qui a proposé de financer les premiers soins, puis le geste solidaire d’une jeune interne, pour que la victime soit finalement acceptée. Des femmes présentes ont alors cotisé 6 000 F CFA afin de couvrir les frais de consultation et des premiers soins.
Comment peut-on laisser la question de l’argent prendre le pas sur l’urgence de sauver une vie humaine ?
La médecine n’est pas simplement un métier. C’est une vocation fondée sur l’humanité, la compassion et le devoir de porter secours, sans distinction de condition sociale.
Les parents des malades à l’hôpital ont adressé leurs sincères félicitations à l’adjudant-chef Wilfried Deffarafiobona, à l’adjudant Baguini et au gendarme de 2e classe Koulé pour leur courage, leur dévouement et leur sens du devoir. Car, ils ont rappelé, par leurs actes, qu’une vie humaine mérite d’être protégée.
En revanche, cette situation présumée à l’Hôpital Communautaire de Bangui appelle des explications et une enquête sérieuse. «Nous interpellons le ministre de la Santé : il ne suffit pas d’affecter des personnels dans nos hôpitaux, encore faut-il veiller à leur professionnalisme, à leur sens de l’éthique et au respect de la dignité humaine », interpelle l’un des parents des malades à l’hôpital sous couvert de l’anonymat.
Sauver une vie ne doit jamais dépendre du contenu d’un portefeuille. Car avant d’être pauvre, riche, connu ou inconnu, chaque malade est avant tout un être humain.








































