Par Marly Pala
Bangui 6 juillet 2026 –(Ndjoni Sango): Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la préfecture de la Vakaga, les cadres ressortissants de la région du Fertit sont sortis de leur réserve. Lors d’une conférence de presse organisée le vendredi 3 juillet à Bangui, ils ont condamné avec fermeté les attaques armées survenues le 30 juin à Am-Dafock et appelé les autorités nationales ainsi que les partenaires internationaux à agir rapidement pour protéger les populations civiles.
Dans une déclaration solennelle, ces cadres ont exprimé leur profonde inquiétude devant ce qu’ils qualifient de « situation dramatique » qui prévaut dans cette ville frontalière avec le Soudan, autrefois reconnue comme un espace de coexistence pacifique entre les communautés.
Ils ont d’abord rendu hommage aux éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) tombés lors des affrontements, avant de dénoncer les attaques attribuées aux groupes armés FPRC et MDRCJ, soutenus, selon eux, par des mercenaires étrangers.
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté les attaques lâches menées le 30 juin par les groupes armés FPRC et MDRCJ, appuyés par des mercenaires étrangers. Ces actes constituent une violation grave des droits humains et une menace directe pour la paix, la cohésion sociale et l’intégrité territoriale de la République centrafricaine », a déclaré Kalité Deya, l’un des porte-paroles des cadres ressortissants du Fertit.
Selon eux, les conséquences humanitaires de cette offensive sont particulièrement préoccupantes. Les violences ont provoqué un mouvement de fuite des populations, faisant craindre un dépeuplement progressif de la ville.
« Am-Dafock se vide de ses forces vives et risque de devenir une ville fantôme si des mesures urgentes ne sont pas prises pour rassurer la population », ont-ils alerté.
Une série de recommandations
Au-delà de la condamnation, les cadres du Fertit ont formulé plusieurs recommandations destinées à rétablir durablement la sécurité dans cette partie stratégique du territoire national. Ils demandent notamment la sécurisation immédiate d’Am-Dafock et des localités environnantes, le renforcement des effectifs des Forces armées centrafricaines, l’installation d’une garnison militaire permanente afin de prévenir de nouvelles incursions, une assistance humanitaire d’urgence en faveur des populations affectées, un appui accru des partenaires internationaux et une implication des organisations régionales dans la stabilisation de la zone, le lancement d’une cagnotte nationale de solidarité destinée à soutenir les personnes déplacées par les violences.
Par cette prise de position, les cadres ressortissants de la région du Fertit entendent attirer l’attention des autorités et de la communauté internationale sur les enjeux sécuritaires et humanitaires que représente Am-Dafock.
Ils estiment qu’une réponse rapide et coordonnée est indispensable pour éviter une aggravation de la crise dans cette localité frontalière, considérée comme un point stratégique pour la souveraineté et la stabilité de la République centrafricaine.






































