Webinaire: les journalistes africains proposent à l’UA de briser les barrières entre les pays africains

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Les chefs d'Etats africains lors d'une conférence à Brazzaville

Bangui 16 février 2021—(Ndjoni Sango) : Huit journalistes africains ont échangé le jeudi 4 février 2021 par visioconférence dans la soirée sur le mandat de la République démocratique du Congo à l’Union africaine (UA).

Initiée par www.arts.cd, cette première expérience a été bien accueillie par les participants et les demandes ne cessent d’affluer sur le plan national et international. Sous le thème « les priorités africaines de Félix Tshisekedi à la tête de l’Union africaine », ce webinaire a permis tant soi peu aux journalistes d’analyser les problèmes africains de tous les jours et de se projeter vers une Afrique unie sans barrière ni frontière.

« Les priorités africaines varient selon l’angle géographique »

Sur les 8 journalistes, seuls 6 ont été présents sous la modération de Onassis Mutombo, initiateur de ce Forum panafricain. Les caprices techniques n’ont pas permis à Laudes Martial du Congo-Brazza et Kiki Lawson du Togo de prendre la parole pendant cette session qui a été très instructive.

Pour Souley Moutari du quotidien Le Sahel du Niger, il est spécial que le mandat de Felix Tshisekedi à la tête de l’Union africaine ait une thématique purement culturelle, « arts, culture et patrimoine : levier pour l’édification de l’Afrique que nous voulons».

«Le contexte du corona virus impacte le monde entier et affecte le développement de tous les autres secteurs de la vie. Et le domaine de la culture parent pauvre des politiques publiques sur le continent africain est durement touché, avec le report, l’annulation des événements et activités, la perte de revenus des acteurs culturels», relève Souley Moutari.

Encore que les africains nourrissent, en général, des préjugés sur la covid-19.

« On se réjouit que malgré toutes les préoccupations qui caractérisent l’Afrique, que que l’Union Africaine, adopte pour 2021 un thème sur la culture. L’heure est peut être venue pour que la culture devienne un levier pour construire l’Afrique », déclare Souley Moutari.

Mais pour y parvenir ajoute-t-il « il faut faire ce qui n’a pas été suffisamment fait jusque-là; des investissements doivent être réalisés dans les domaines clefs de la production, de la formation et des infrastructures culturelles en Afrique pour permettre au marché unifié grâce à la Zlecaf de devenir rentable pour les africains avant tout», estime le journaliste culturel nigérien.

« La tranquillité et la stabilité doivent être les maitres mots qui résument ce mandat de la RDCongo à l’Union africaine »

Yves Kalwira, journaliste congolais et manager de Zik + qui intervient depuis la ville volcanique de Goma souligne que, selon lui, les priorités africaines varient selon l’angle géographique de l’Afrique.

« Moi qui vit à Goma, au Nord-Kivu, je ne peux pas parler des autres priorités sans faire de prime à bord allusion à la sécurité. La ville de Beni est actuellement connue mondialement à cause de son insécurité. La RDCongo à travers Félix Tshisekedi doit saisir cette opportunité pour permettre à ce coin de l’Afrique de retrouver la paix ».

Faisant allusion à la thématique culturelle, il indique que beaucoup de fonds sont injectés dans le social, la santé, dans l’humanitaire, mais regrette-t-il, la culture reste le parent pauvre malgré ses potentialités qui peuvent développer les pays africains.

« J’ai circulé dans plusieurs pays africains, il y a toujours les mêmes soucis. Manque d’infrastructures, des salles de spectacles à compter au bout de doigts. Aussi, il faut accorder une place à l’entrepreneuriat des jeunes. Je constate malheureusement que la jeunesse africaine est écrasée dans dans son elen pour entreprendre par des taxes. Je propose que les entreprises des jeunes africains soient exonérées pour un moment pour leur permettre de mieux s’installer », a-t-il dit.

Mory Touré du Mali, promoteur de la Radio Afrika n’a pas caché ses espoirs sur le congolais, Felix Tshisekedi.

« Felix Tshisekedi fait partie de la nouvelle génération des présidents africains. Il incarne la nouvelle ère pour le continent africain. Il n’est pas issu d’une rébellion ni des services militaires. C’est une nouvelle mentalité qu’il représente. Les guerres et les coups d’état n’ont fait que ralentir nos pays africains », pense-t-il.

Et d’indiquer que, les priorités africaines de Felix Tshisekedi doivent être la quiétude sociale; qu’il nous sorte de la spirale des coups d’état, s’enthousiasme le journaliste malien.

« Est-ce que les congolais de Kinshasa méritent la vie actuelle avec leurs richesses ? Pourquoi l’africain doit-il continuer de vivre au jour le jour ? », s’interroge Mory Touré.

Selon lui, la tranquillité et la stabilité doivent être les maitres mots qui résument ce mandat de la RD-Congo à l’Union africaine.

Le retour des reliques de Patrice Lumumba « le début d’un espoir»

« À l’Union africaine, la RDC est appelée à œuvrer pour que les biens patrimoniaux, les arts créatifs et l’économie immatérielle fécondent une croissance économique génératrice de développement intégral et durable en Afrique », indique Jordache Diala, journaliste congolais de Kinshasa.

En tant président de la RD Congo et celui de l’UA, Felix Tshisekedi a fait la promesse au mois de décembre 2020, qu’il va ramener les restes de l’héros africain à Kinshasa où un mausolée sera érigé à la Place Echangeur rebaptisé « Place des héros ».

Cette question n’a pas échappé aux radars de tous les journalistes participants.

« Patrice Emery Lumumba est un facteur de réconciliation de tous les peuples congolais. En Afrique, il y a un fort respect pour les défunts. Le retour des reliques de Patrice Emery Lumumba sera une occasion pour toute l’Afrique d’honorer la mémoire de l’un de ses dignes fils qui a revendiqué la souveraineté africaine et lutté pour la liberté face à l’occident de la plus belle des manières », martèle le nigérien Souley Moutari, du Journal le Sahel du Niger.

«Un gabonais va au Congo comme un sud-africain qui va en Ecosse. On est si proche mais loin au même moment »

Yves Kalwira depuis Goma juge que l’initiative est louable. C’est le début d’un espoir de la restitution des objets de culte et oeuvres d’arts africains.

« Je crois qu’après le retour des reliques de Lumumba, nous devons mettre sur la table le dossier sur le retour des objets d’arts emportés avant et pendant la colonisation », propose-t-il.

Il est compté parmi les personnalités africaines avant-gardistes, enchaine Mory Touré du Mali, comme Sekou Touré, Koumeh Kroumah et Thomas Sankara, Lumumba est une figure emblématique de l’Afrique.

« Lors de l’anniversaire de sa mort, tout le continent s’arrête. C’est un symbole fort. Il lui faut encore un grand monument pour montrer aux présidents africains actuels la valeur intrinsèque de cet homme », insiste-t-il.

Il est temps, à l’en croire que les africains sortent de leurs coins pour aller à la rencontre des autres.

« L’Afrique doit briser des barrières qui empêchent à l’africain d’être libre chez lui. L’exemple est celui de l’Union européenne. A ce jour, il est anormal qu’un gabonais aille au Congo comme un sud-africain qui va en Ecosse. On est si proche mais loin au même moment. Pour que Felix réussisse son mandat, il doit permettre une libre circulation des africains en Afrique», conclut Mory Touré.

Compte rendu: Onassis Mutombo

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