Tchad: risque d’embrasement sécuritaire dans la sous-région après la mort d’Idriss Déby

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Le maréchal tchadien Idriss Déby

EDITORIAL

Par Erick NGABA

Bangui 22 avril 2021—(Ndjoni Sango) : Le président tchadien, le maréchal Idriss Déby est précipitamment mort le mardi 20 avril 2021. Il est décès des suites de blessures selon les versions officielles. Sa mort pourrait entrainer un risque d’embrasement de la situation sécuritaire. Car, le président tchadien joue un rôle capital dans la sécurité de la sous-région.

L’engagement du Tchad dans la lutte contre le terrorisme en Afrique subsaharienne est indispensable. Le Tchad est aussi un pays fournisseur des mercenaires qui menacent la stabilité de certains pays frontaliers comme la République centrafricaine et la Libye.

Par ailleurs, le pays fait aujourd’hui face à une rébellion, le FACT, qui menace de prendre le pouvoir à Ndjamena. Avec l’arsenal emporté en Libye, les rebelles de FACT constituent une grande menace pour la sécurité du Tchad et des pays frontaliers. L’armée tchadienne serait divisée et ne pourrait faire face à l’offensive musclée de FACT, du moment où le conflit de succession, de positionnement, et la crise politique demeurent une préoccupation du Conseil militaire de transition.

Le maréchal Deby est mort alors que le Tchad est au bord de l’explosion. La crise sécuritaire avec la rébellion Front pour l’Alternance et le Concorde au Tchad (FACT), et la crise politique avec  l’opposition politique tchadienne qui aspire aussi au pouvoir. Aujourd’hui, c’est une grande incertitude au Tchad car, la situation sur le plan politique et sécuritaire est de plus en plus tendue.

Même si Déby a préparé son fils Mahamat pour lui succéder, il n’était pas encore près pour cette succession et aussi son fils n’aurait ce charisme de gérer à la fois les affaires internes et externes. Son fils est encore immature pour gérer le Tchad avec un tas de problèmes et engager en même temps dans la lutte contre le terrorisme en Afrique où Idriss Déby s’implique pleinement.

Boko-haram, le terrorisme dans le Sahel, les criminalités transfrontalières, la rébellion, l’alternance politique, ce sont là autant de défis qui pourraient faire exploser le Tchad. Si rien ne se fait pour sauver le Tchad, ça sera la « Somalisation » de ce pays (contexte somalien) qui pourra connaître une situation similaire à celle de la Libye.

La communauté internationale doit agir de concert pour éviter le pire à ce pays et à la sous-région. Le conflit d’intérêt géopolitique doit être écarté pour le moment. C’est pourquoi, les pays limitrophes du Tchad doivent en ce qui les concerne sécuriser leurs frontières afin de contenir le flux des mercenaires armés et la prolifération d’armes sur leurs territoires.

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