RCA: les navigateurs du fleuve Oubangui dénoncent les bavures militaires sur l’axe fluvial Bangui-Pando

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Les navigateurs du fleuve Oubangui @crédit photo Kizer Maïdou

Par Kizer MAIDOU    

Bangui 3 Mai 2021—(Ndjoni Sango): Au cours d’une conférence animée ce lundi par l’Association des propriétaires des baleinières  et menus embarcations, les navigateurs qui utilisent la voie fluviale de Bangui à Pando dénoncent les bavures militaires exercées sur leurs clients en date du dimanche 02 mai à Zawara.

Tout est parti d’un incident au niveau d’un poste de contrôle fluvial installé au niveau du village Zawara, situé à plus de 35 kilomètre sur la côte du fleuve Oubangui entre Bangui et Pando. Une femme à bord de la baleinière Nouvelle Jérusalem à été sauvagement torturée par un des agents du poste de contrôle en exercice de formalité.

A en croire le conducteur de cet engin fluvial, cette dame bien souffrante après avoir fait la formalité, était entrain de se réposer, lorsque cet agent exige d’elle de descendre de la barque pour pouvoir procéder au contrôle des marchandises :

« D’habitude, il n’y avait pas de formalité à cet endroit. Les formalités se font au niveau de Modale, Danga et Ombella. Arrivés à hauteur de Zawara, ils nous ont imposé à passer la formalité. Ce que nous n’avons pas refusé. Après la formalité, les femmes fatiguées du long parcours, repartaient se reposer dans la barque. L’agent est arrivé leur demandant de descendre. Obéissantes, elles sont descendues à l’exception de l’une qui est souffrante et qui se reposait des suites d’hypotension. Un geste qu’il va qualifier de caprice, en utilisant son ceinturon ce dernier a copieusement tabassé la pauvre dame jusqu’à la blesser »,a expliqué Stéphane Kazimir GUEREKADA BOUTE.

Par suite des coups de canon tiré en l’air, 3 personnes se sont évanouies. La dame qui a subi la torture a été dépêchée d’urgence au niveau de la réanimation de l’hôpital communautaire à Bangui pour la réanimation et des soins médicaux.

Auparavant, la formalité par baleinière est fixée à 5.000 FCFA. Maintenant, elle va jusqu’à plus de 100.000 FCFA par baleinière, a déploré en ajout le navigateur de Nouvelle Jérusalem.

Dépasser par cet acte de barbarie longtemps décrié par les usagers de cette voie et les navigateurs, l’Association des propriétaires des baleinières et menus embarcations exige du gouvernement l’envoi des forces navales :

«Nous tous nous voulons la paix pour vaquer librement à nos activités. Nous exigeons du gouvernement l’envoi rapide des éléments de la force navale, qui, de profession, sont bien placés pour faire ce travail. Nous savons tous que ce sont les forces navales qui sont habiletés à contrôler autour de la rive »,a expliqué Jérôme MBOMBO, président du Marché de port SAO.

Selon les membres de cette association, ces éléments qui se sont installés sur cet axe dans cette localité, ne sont pas détachés  par l’Etat centrafricain, ils seraient une frange des Anti-Balaka appartenant à un de leur ancien chef du nom de 12 Puissances.

Il convient de préciser que le port SAO, est l’un des ports qui ravitaillent la capitale en produits alimentaires en provenance des villes de provinces de la RCA et des voisins du Congo. De part ces agitations, il est important qu’une solution soit trouvée par les autorités du pays pour ne pas assister d’ici demain au pire des cas.

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