RCA: garder les corps à la morgue relève-t-il de notre civilisation ?

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Des cadavres exposés à la morgue de l'hôpital de Bangui

Par Thomas KOSSI

Bangui 18 mai 2021—(Ndjoni  Sango) : Une surprise qui devient pour l’heure nationale, c’est la morgue, où tout le monde compte passer avant la dernière demeure. S’y trouve-t-on en paix et comment le nègre l’apprécie-t-il ?

Des débats qui se mènent dans les quartiers, des gens ont une vision peu sûre par rapport à la morgue dont l’existence fait peur à bien de concitoyens. Peu de ceux-là acceptent qu’elle a sa raison d’être alors que d’autres, disent tout simplement non. Les deux opinions font la joie, peut-être mitigée,  des citoyens qui parlementent dessus,  pendant qu’à longueur de journées, les communiqués radios sassent et ressassent les nouvelles tristes.  Et bien sûr, l’on pense à la morgue !

Pour les non porteurs de morgue dans le cœur, les mourants que l’on tient faire passer deux à quelques jours en son antre, pensent que l’on veut que le corps humain devienne deux choses, un poisson ou un poulet de chair. Le temps que ces bêtes passent là-bas, le froid en puissance les amollit pour avoir la chair tendre et propice pour les dents. L’homme a de la peine à se protéger comme la morgue croit le faire. Tant l’être humain voulant se protéger se vouera à la mort.

La morgue n’est qu’agent de suicide, estime-t-on. Il vaut mieux pour le mortel d’entrer sur-le–champ dans la terre chaude que de l’échapper en se faisant garder par des petits fous.

Les supporters de la morgue chantent les merveilles de cet emplacement de gardiennage. Les parents lointains ont vraiment le temps bénéfique de venir retrouver le cadavre de quelqu’un qu’ils aiment particulièrement. Car voir un mort sans peut-être l’aider à vivre comme on le veut, fait repartir l’amour entassé dans le cœur de ceux qui l’adorent.

Qu’on le veuille ou non, personne ne peut faire vivre un mort sans l’aider à l’ensevelir,  car un individu sans vie, ne pourra qu’aller sous la terre.

La morgue, qu’on l’adopte ou non, elle a sa place en République centrafricaine. Les volontés peuvent diverger, la réalité qui s’impose, c’est que les choses nouvelles ne pourront disparaître.

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