RCA: l’ONU exige de toute urgence la fin des violations et abus croissants des droits l’homme

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Un groupe de bandits armés de la CPC

Par Cyrille YAPENDE

Bangui 5 août 2021—(Ndjoni Sango) : Dans un rapport publié le 4 août 2021, l’ONU dresse un tableau sombre de la situation alarmante des droits de l’homme, qui n’a cessé de s’aggraver en République centrafricaine au cours de la dernière année où plusieurs groupes armés coalisés, ont tenté de perturber les élections.

Dans ce rapport, publié conjointement par le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’homme (HCDH) et la mission des Nations-Unies en Centrafrique (MINUSCA), se focalise uniquement sur la période allant de juillet 2020 à juin 2021, dans le contexte des élections couplées, tenues le 27 décembre dernier et en mars et mai 2021.

Pendant cette période, le rapport note que la division des droits de l’homme de la Minusca a enregistré 526 cas de violations et d’abus des droits de l’homme et du droit international humanitaire à travers le pays. Ces violations, selon cette division, ont fait au moins 1 221 victimes, dont 144 personnes civiles ou hors de combat, qui ont été tuées par des parties en conflit.

« On compte parmi les violations et abus recensés des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des actes de torture et de mauvais traitements, des arrestations et détentions arbitraires, le recours disproportionné et inutile à la force, des violences sexuelles liées au conflit et des violences graves aux droits de l’enfant, notamment, leur recrutement par les parties en conflit », ont-ils mentionné dans ce rapport.

Le rapport indique par ailleurs que les attaques et les menaces d’attaques ont poussé des milliers de civils à fuir leur domicile.

La coalition des groupes armés, coordonnée  par l’ancien président BOZIZE, connue sous le nom de la CPC (coalition des patriotes pour le changement), est pointée dans ce rapport comme responsable de plus de la moitié des incidents recensés (54%).

Dans ce même rapport dont nous disposons d’une copie, la CPC a tué et enlevé des civils, lancé des attaques contre des casques bleus de l’ONU, pillé des locaux d’organisations humanitaires, menaçant leur personnel, et incendié des bureaux de vote. Le document note que le 19 mars dernier, dans la préfecture de la Ouaka, un groupe armé, affilié à la CPC, a tué trois commerçants, après les avoir ligotés et torturés. Leurs corps ont été retrouvés avec leurs cartes d’électeur attachées autour de leur cou.

Les Forces armées centrafricaines (FACA), les forces de sécurité intérieure (FSI) et d’autres personnels de sécurité ne sont pas épargnés dans ce rapport, ils sont responsables de 46% des incidents confirmés.

« Des preuves crédibles recueillies par la DHH de la Minusca,  indiquent que ces autres membres du personnel de sécurité ont été impliqués dans des formations militaires et ont participé activement à des opérations militaires, notamment en arrêtant des suspects et en commettant des traitements inhumains et des actes de torture sur certains d’entre eux. A plusieurs reprises et dans divers lieux, ils auraient également été impliqués dans des exécutions extrajudiciaires », peut-on lire dans ce rapport.

Le DDH a également confirmé une augmentation du nombre d’attaques sur les membres de la communauté musulmane par les FACA, les FSI et autres personnels de sécurité entre février et juin 2021. D’autres informations recueillies indiquent que les personnes musulmanes continuent d’être prises pour cible en raison de leur affiliation présumée avec les groupes armés.

« Les recommandations »

Dans ses recommandations, les deux organisations des Nations-Unies appellent les groupes armés à cesser toutes leurs attaques sur la population civile, y compris la violence sexuelle et le recrutement d’enfants, et à participer à nouveau au processus de paix.

Par ailleurs, le rapport demande au gouvernement de prendre des mesures nécessaires pour que les responsables des violations et abus des droits de l’homme aient à répondre de leurs actes, et pour créer un environnement capable de protéger les civils et les travailleurs humanitaires. Il appelle également le gouvernement à veiller à ce que les FACA, FSI et autres membres du personnel de sécurité libèrent tous les bâtiments civils, dont les écoles et les hôpitaux, qu’ils occupent illégalement.

En outre, le rapport exhorte la communauté internationale à soutenir le gouvernement dans ses efforts pour lutter contre la culture de l’impunité qui règne en République centrafricaine.

Et pour fournir le  soutien nécessaire à la professionnalisation des FACA et des FSI, dans le but de les appuyer dans leur rôle de protection des civils et de promotion et le respect des droits de l’homme en toutes circonstances.

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