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«Qui mieux que les Français sait ce qu’est le véritable colonialisme?», Sergueï Lavrov à Emmanuel Macron

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Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe

Par Juste MBANGO

Bangui 21 mai 2026—(Ndjoni Sango): Le ton est monté entre Paris et Moscou autour de la question africaine. À New Delhi, en marge d’une réunion des BRICS, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a répondu avec fermeté aux déclarations du président français Emmanuel Macron, qui a qualifié la Russie de « véritable colonisateur du XXIe siècle » lors du sommet Africa Forward 2026.

Face à ces accusations, le chef de la diplomatie russe a choisi de replacer le débat dans une perspective historique. « Qui mieux que les Français sait ce qu’est le véritable colonialisme ? », a lancé Sergueï Lavrov, évoquant le passé colonial de la France en Afrique et les relations longtemps entretenues avec ses anciennes colonies.

Le ministre russe a notamment relaté un échange remontant à une précédente Assemblée générale des Nations unies avec Josep Borrell et Jean‑Yves Le Drian. Selon lui, les responsables européens avaient exprimé leur mécontentement face au soutien apporté par Moscou aux nouvelles autorités maliennes, considérant le Sahel comme relevant historiquement de la sphère d’influence européenne.

Sergueï Lavrov affirme avoir rappelé que les anciennes colonies africaines étaient devenues des États souverains reconnus par l’Organisation des Nations unies, rejetant toute idée d’un droit permanent des anciennes puissances coloniales sur leurs anciennes possessions.

Cette passe d’armes diplomatique trouve un écho particulier en République centrafricaine, où les relations avec Russie se sont considérablement renforcées depuis 2018. À Bangui, le partenariat sécuritaire avec Moscou est régulièrement présenté par les autorités comme un choix souverain visant à restaurer l’autorité de l’État face aux groupes armés.

Le débat s’inscrit plus largement dans une recomposition géopolitique du continent africain. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, ont progressivement pris leurs distances avec Paris, marquant un recul de l’influence française dans plusieurs régions stratégiques du continent.

Pour Moscou, cette évolution traduit l’affirmation de choix souverains opérés par les États africains eux-mêmes. Une lecture que partagent aujourd’hui de nombreux responsables et citoyens dans plusieurs capitales africaines, notamment à Bangui, où le discours sur la souveraineté et la diversification des partenariats internationaux gagne du terrain.