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RCA: la capitalisation des acquis du projet Maïngo auprès des bénéficiaires

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Des bénéficiaires du projet Maïngo en Centrafrique @crêdit photo Marly Pala
Des bénéficiaires du projet Maïngo en Centrafrique @crêdit photo Marly Pala

Par Marly Pala

Bangui, 14 octobre 2026 – (Ndjoni Sango) : Après près de quatre années d’activités auprès des populations bénéficiaires dans ses différentes zones d’intervention, le projet Capital humain et autonomisation des femmes et des filles Maïngo met l’accent sur la capitalisation de ses acquis et l’évaluation de son impact sur les communautés. Les résultats concernent notamment l’éducation, la formation professionnelle, l’inclusion économique et l’accès aux services essentiels dans le Grand Bangui et les villes ciblées.

Lancé en avril 2022 à l’initiative du gouvernement centrafricain et financé par la Banque mondiale, le projet Maïngo vise à répondre aux besoins spécifiques des femmes et des filles en République centrafricaine. Son objectif est d’améliorer leur accès aux services de santé, à l’éducation et aux opportunités économiques afin de favoriser leur autonomisation.

Dans le secteur de l’éducation, le projet finance des bourses scolaires pour les élèves filles et certains garçons, de la classe de 6e à la 3e. Il soutient également la formation et le déploiement de relais communautaires chargés de sensibiliser les populations aux questions de santé, d’éducation et de promotion du genre. Par ailleurs, des centres de formation professionnelle et d’alphabétisation ont été réhabilités et équipés afin de favoriser l’apprentissage des métiers et le développement des activités génératrices de revenus (AGR).

Parmi les bénéficiaires figure Chimène Nagot, membre du groupement Wali Gbou Ngangou, au village Boubou, à Sibut, dans la Kémo. Ancienne déscolarisée, elle témoigne de l’impact du projet sur son parcours.

« J’étais une fille qui avait abandonné l’école très tôt faute de moyens. Lorsque le chef du village a sensibilisé sur la formation des déscolarisés par le projet Maïngo, je me suis vite lancée en commençant par la fréquentation d’un espace sûr. Ensuite, j’ai été formée aux AGR, puis nous nous sommes constituées en AJEC pour recevoir les subventions qui nous ont permis de vendre des beignets. Je peux affirmer que, si le projet arrive à terme aujourd’hui, nous serions en mesure de poursuivre nos activités », a-t-elle affirmé.

Malgré ces résultats, certains bénéficiaires soulignent la nécessité d’une plus grande implication des acteurs locaux pour assurer la pérennité des acquis. Un père de famille résidant au quartier Secteur 4, à Bambari, qui a requis l’anonymat, estime que les autorités administratives locales devraient renforcer le suivi, l’évaluation et l’accompagnement des bénéficiaires, même après la fin du projet.

Du côté des centres de formation professionnelle pratique et d’alphabétisation (CFPA), les responsables mettent en avant les efforts déployés pour faciliter l’accès des jeunes à l’apprentissage des métiers. Egland Gervil Mandekouzou, Directeur du CFPA de Bambari, explique que son établissement a adopté un mécanisme de tarification forfaitaire afin de réduire les coûts de formation et d’accueillir davantage d’apprenants.

« Si vous voyez aujourd’hui le nombre des maçons, menuisiers, couturières, agriculteurs s’agrandir à Bambari et dans ses périphéries, c’est parce que nous avons mis en place un mécanisme visant à former plusieurs jeunes pour les préparer au marché du travail et réduire considérablement le chômage. Le projet a réhabilité le centre, qui a ensuite accueilli des jeunes filles et garçons issus des espaces sûrs et des clubs pour l’alphabétisation. Il revient à nous de tendre la perche aux autres jeunes déscolarisés afin qu’ils puissent également apprendre un métier. C’est pourquoi nous avons fixé un coût forfaitaire pour la formation, dans une dynamique de pérennisation des acquis et de réduction du chômage », a-t-il expliqué.

Des résultats chiffrés dans plusieurs secteurs

Les données communiquées sur la mise en œuvre du projet font état de résultats importants. Au titre de la première phase de la composante 1, 22 920 bénéficiaires, dont 15 060 adolescentes et jeunes filles (AJF) et 7 860 adolescents et jeunes hommes (AJH), ont été organisés en 1 528 groupements homogènes et ont bénéficié du programme d’inclusion économique.

Dans le cadre de la mise à l’échelle, 51 415 bénéficiaires, dont 33 787 AJF et 17 628 AJH, répartis en 3 955 groupes homogènes, suivent des formations en éducation financière en vue de l’élaboration et de la validation de leurs plans d’affaires.

Au total, 74 335 bénéficiaires, dont 48 847 AJF et 25 488 AJH, regroupés en 5 483 groupes homogènes, sont concernés par le programme d’inclusion économique destiné à soutenir leurs activités génératrices de revenus.

Le projet a également mis en place 608 services communautaires de garde d’enfants autour des espaces sûrs. Ces structures permettent aux jeunes filles et aux femmes ayant des enfants de suivre les formations grâce à la présence de mères gardiennes chargées de s’occuper des petits.

Dans le domaine de la formation professionnelle, la sous-composante 2.3 prévoit la réhabilitation et l’équipement des CFPA, la formation des jeunes et leur accompagnement dans le lancement d’activités génératrices de revenus. Plus de 2 522 jeunes ont été formés et doivent bénéficier d’équipements, tandis que l’objectif annoncé est de parvenir à 9 000 jeunes opérationnels d’ici décembre 2026.

En matière d’éducation, 46 090 élèves de la 6e à la 3e ont reçu des bourses scolaires de 50 000 FCFA.

En appui au ministère chargé de la Promotion du genre, 90 relais communautaires ont été formés, équipés et déployés pour sensibiliser les populations à l’importance de l’accès des femmes et des filles à la santé, à l’éducation et aux opportunités économiques. Par ailleurs, 454 agents de santé communautaires ont été formés, équipés et déployés dans la commune de Bimbo afin de renforcer la sensibilisation aux mesures de prévention des maladies et à l’orientation des populations vers les centres de santé.

Pérenniser les acquis, un défi majeur

Dans les préfectures du Grand Bangui, de la Kémo, de la Ouaka, de la Nana-Gribizi, de la Mambéré-Kadéï et de l’Ouham-Pendé, les témoignages recueillis mettent en évidence les effets du projet sur les possibilités de formation, l’accès à l’éducation et le développement des activités économiques.

Toutefois, la consolidation de ces acquis nécessite une implication accrue des autorités administratives locales, des acteurs de mise en œuvre et des communautés bénéficiaires. Le suivi régulier, l’accompagnement des initiatives économiques et la responsabilisation des bénéficiaires apparaissent essentiels pour garantir la continuité des activités au-delà de la durée du projet Maïngo.

La pérennisation des acquis demeure ainsi un enjeu central pour renforcer durablement l’autonomisation des femmes et des filles et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés centrafricaines.

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