Accueil Afrique La CEDEAO officialise son adhésion au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc

La CEDEAO officialise son adhésion au Gazoduc Africain Atlantique Nigéria-Maroc

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Par Erick NGABA

Bangui 21 juillet 2026 –(Ndjoni Sango): Réunis en sommet à Freetown, en Sierra Leone, les Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont franchi une étape majeure dans le développement du Gazoduc Africain Atlantique (AAGP) Nigéria-Maroc. Les États membres ont signé, dimanche, l’Accord intergouvernemental (IGA) encadrant la réalisation de cette infrastructure énergétique stratégique, consacrant ainsi leur adhésion collective à l’un des plus ambitieux projets d’intégration du continent africain.

Long d’environ 6.800 kilomètres, le Gazoduc Africain Atlantique reliera les réserves gazières du Nigeria au Maroc avant d’être connecté au réseau gazier européen. Ce projet d’envergure est le fruit d’une initiative lancée par le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari, avec le soutien renouvelé de l’actuel président nigérian Bola Ahmed Tinubu. Il est développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.).

Une nouvelle étape vers la concrétisation du projet

La signature de l’Accord intergouvernemental constitue une avancée décisive dans la mise en œuvre du projet. Elle ouvre la voie à la création de la société de projet, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi qu’à la mise en place de l’autorité de gouvernance du gazoduc (Pipeline Higher Authority), basée à Abuja, au Nigeria.

Les prochaines étapes porteront également sur la mobilisation des investisseurs et la préparation de la décision finale d’investissement, avant le lancement effectif des travaux.

Une cérémonie distincte réunissant le Royaume du Maroc et la République islamique de Mauritanie, deux pays non membres de la CEDEAO mais directement concernés par le tracé, viendra compléter ce processus institutionnel.

Un corridor énergétique au service de l’intégration africaine

À terme, le gazoduc traversera treize pays de la façade atlantique africaine avant de rejoindre le gazoduc Maghreb-Europe dans le nord du Maroc. Il disposera d’une capacité annuelle de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel, dont près de la moitié pourra être destinée au Maroc et au marché européen, tandis que le reste alimentera les pays d’Afrique de l’Ouest.

Estimé à 25 milliards de dollars américains, ce projet vise à créer un véritable marché régional intégré du gaz naturel, capable de soutenir la production d’électricité, de favoriser l’industrialisation et de valoriser les importantes ressources énergétiques du continent. Les premiers tronçons devraient entrer en service au début de la prochaine décennie.

Un projet désormais porté par toute l’Afrique de l’Ouest

Initialement conçu comme une coopération bilatérale entre le Maroc et le Nigeria, le Gazoduc Africain Atlantique acquiert aujourd’hui une dimension régionale avec l’adhésion officielle de l’ensemble des États membres de la CEDEAO.

Cette appropriation collective renforce sa légitimité politique et institutionnelle, tout en illustrant la volonté des pays ouest-africains de faire de la sécurité énergétique un levier de souveraineté, de croissance économique et de prospérité partagée.

Selon l’ONHYM et la NNPC Ltd., les principales études techniques, environnementales et d’ingénierie sont désormais achevées, permettant au projet d’entrer progressivement dans sa phase de développement opérationnel.

Au-delà de son importance énergétique, le Gazoduc Africain Atlantique est présenté comme un véritable corridor de développement, appelé à renforcer les échanges économiques, l’intégration régionale et la compétitivité des économies africaines, tout en consolidant la coopération entre les pays du continent et leurs partenaires internationaux.

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