« La Communauté internationale nous a rendus impuissants » dixit Laurent Gomina PAMAPALI

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Laurent Gomina Pampali/ photo Eric Ngaba
Laurent Gomina Pampali/ photo Eric Ngaba
Laurent Gomina Pampali/ photo Eric Ngaba

Dans son regard global, le président de l’Union nationale des Démocrate Républicain, UNADER en sigle, Laurent Gomina Pampali pense que les violences qui ne cessent de se produire en République centrafricaine ont plusieurs raisons. Il pointe du doigt,  certains hommes politiques, les chercheurs d’argent et la communauté internationale.

Dans un point de presse organisé le 04 octobre 2015 à son domicile, Laurent Gomina Pampali a décrypté les facteurs directs des regains de violence en Centrafrique. Il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger la communauté internationale sur la manière de gérer la crise centrafricaine. Pour lui, l’embargo sur les armes en République centrafricaine ne devrait pas avoir impact sur l’opérationnalisation des Forces armées centrafricaines (FACA) pour protéger la population laissée à la merci des bandits armés.

Tout en évoquant le processus de la réhabilitation des FACA, il estime pour lui que les éléments des FACA étant  déjà reformées et ayant été présentées aux Centrafricains par les autorités de la transition doivent être sur le théâtre d’opérations afin d’assurer la protection des civiles. A défaut du désarment des forces non conventionnelles dans le pays, les ingrédients de la violence sont toujours prêts à s’éclater.

« Tout analyste doit reconnaitre que le peuple centrafricain, est un peuple meurtri. Les dernières violences qui se sont produites à Bangui sont venues s’ajouter aux ingrédients de violences de plusieurs décennies. Les autorités des transitions nous ont dit qu’une partie des FACA sont déjà prêtes pour la protection de la population. Mais où l’on est avec cette  réforme », s’interroge Laurent Gomina Pampali, président de l’UNADER.

Si l’on évoque la théorie de Machiavel qui, dans son ouvrage intitulé « Le Prince »  qui dit : « On ne gouverne jamais un pays sans son armée nationale » l’on dira que la réussite de le retour effectif de la sécurité nécessité sans doute l’opérationnalisation des Forces armées centrafricaines qui reste, malgré tout, le symbole de la souveraineté nationale. Comme dans le même sillage, la Ministre d’Etat chargée de la Défense nationale, Marie Noëlle Koyara l’a souligné dans un point de presse à son département « la RCA ne peut retrouver la paix sans son armée nationale.

Pour le président de l’UNADER, aucun pays du monde n’est resté sans son armée.  Priver la République centrafricaine de son armée est selon lui une manière de rendre impuissant le peuple centrafricain. La passivité des forces internationales face au regain de violence dans le pays, ne fait qu’encourager les affrontements.

La responsabilité des hommes politiques

Concernant la responsabilité des hommes politiques centrafricains dans cette crise, le président de l’UNADER accuse ses collègues des autres partis politiques de ne pas faire trop pour remplir leur mission. Pour lui, les responsables des partis politiques doivent sensibiliser les militants et sympathisants sur les valeurs républicaines et civiques permettant d’apaiser les esprits sur les violences. Il préconise lui la création d’école de chaque parti politique afin d’instruire leur militants en formant les responsables des bases sur les lois relatives au parti politique. Les questions de la nationalité, de l’identité, de la culture doivent être, selon lui, enseignées aux militants.

« J’interpelle tous les hommes politiques, mes collègues chefs de parti à effectivement consacrer suffisamment de temps à éclairer leurs militants, la société civile sur cet aspect fondamental. D’où la nécessité de nous entendre pour constituer une nation véritable, celle que Barthélémy Boganda voulait », a-t-il martelé.

Le président de l’UNADER a également montré la position de son parti sur la nature des conflits en République centrafricaine que les autres pensent que c’est un conflit interreligieux. Pour lui, il s’agit là d’un conflit à caractère politique et économique. La crise en Centrafrique est fabriquée, d’après, par les profiteurs des richesses naturelles centrafricaines. Il n’est pas passé par quatre chemin pour pointer du doigt ceux qu’ils appellent « les chercheurs d’argent » venus de l’extérieur et ceux dans le pays même.

En fin, Laurent Gomina Pampali appelle le peuple centrafricain à se réconcilier avec lui-même pour reconstruire la République centrafricaine. Pour lui,  les violences ne font qu’aggraver le calvaire de la population meurtrie depuis plusieurs décennies. Donc pour l’UNADER, il est temps de s’unir afin de voir un avenir meilleur.

Eric NGABA

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