RCA: pénurie d’eau au village Gbago dans la Nana-Bakassa

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Un point d'eau en état d'inactivité au village Gbago@photo Grâce Ngbaléo

Par Grace NGBALEO

Un point d’eau en état d’inactivité au village Gbago@photo Grâce Ngbaléo

Bangui 28 mars 2020—(Ndjoni Sango) : Les gens parcourent des kilomètres pour s’approvisionner en eau potable. L’unique forage du village réhabilité  par Action Contre la Faim (ACF) le 15 juin 2015 et retombé en panne, est resté encore endommagé.
Alors qu’à Bangui le 22 mars 2020 , à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, dans un communiqué de presse, l’Action Contre la Faim (ACF), l’organisation des jeunes pour l’éducation et le Développement (OJED), le groupe d’Action, de Paix et de Formation pour la Transformation (GAPAFOT) appelaient le gouvernement de la RCA de tout mettre en œuvre pour garantir des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène au sein de la population. Malgré cela, l’accès au service d’eau potable est pathétique dans certaines régions de la Centrafrique.
A Gbago par exemple, village situé à 33 Km de la sous-préfecture de Nana Bakassa, la situation est alarmante. Les gens ne partent que dans la forêt à fin de trouver des points d’eau pour s’approvisionner. L’unique forage qui dessert tout le village est tombé en panne depuis des années. Il est resté endommagé.
Les femmes restent   la population qui paient la lourde tribu dans cette situation. Car celles-ci se réveillent à 3 heures du matin pour parcours 4 à 5 km à la recherche d’eau dans la forêt. Depuis 3 heures pour chercher de l’eau et ne reviennent chez elles qu’à 5h ou 6h avant d’emprunter le chemin des champs.   Cette eau non potable sert pour le ménage même utilisée pour le bain de nouveau-nés.
Une situation déplorée par Alima Reine Namkoina, présidente de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) du village Gbago :

« Trouver de l’eau c’est difficile. Nous les femmes, nous souffrons beaucoup. Quand nous sortons le matin, et que nous n’arrivons pas à aller chercher de l’eau, nous partons aux champs, de retour même si c’est la nuit, nous sommes obligées d’aller dans la forêt à la recherche d’eau potable . Mais si nous voyons dans notre pays, on dit que l’eau c’est la santé, mais si nous ne buvons pas d’eau potable c’est par ce canal-là que nos enfants tombent malades y compris nous-mêmes  ».

Lapel Brice Aimé, secrétaire général de l’école de Gbago partage le même témoignage et souligne que cette difficulté d’accès à l’eau potable est plus souvent source de mésentente dans la famille.

«  Nous les hommes, de fois nous sommes obligés d’aller nous laver dans la forêt, parfois si tu peux demander de l’eau à ta femme ça crée de problème. Nous aussi dans le cas où la femme tombe malade son mari l’aide à aller chercher de l’eau. C’est aussi un souci si ta femme te laisse chaque jour tôt le matin et va à la recherche d’eau ».

Cette situation est presque la même dans tous les villages de la sous-préfecture de Nana Bakassa.
A Bowora , où le village ne dispose d’aucun puits, ni forages, chacun se débrouille pour s’approvisionner en eau potable même les plus âgés de 60 ans .

«  Pour nous   procurer d’eau, nous quittons le lit généralement à 3h à la file indienne pour nous rendre sur les points d’eau qui ne sont même pas aménagés dans la forêt à plus de 5 km », affirme une habitante.

Le difficile accès à l’eau de la population de cette partie du pays a pour conséquence, la malnutrition chronique, la diarrhée, la pandémie de rougeole ou des cas de décès sont enregistrés en nombre croissant, des violences sexuelles faites aux femmes dans les foyers ou par des bandits armés dans la brousse…. .
Avec l’impératif de la   pratique de lavage de mains avec du savon, l’un des mesures de prévenir le Covid19, il est souhaitable que les autorités centrafricaines et leurs partenaires débloquent la situation, afin que la population soit épargnée de cette maladie à Coronavirus. Au cas contraire, il faut s’attendre à de pire des cas.

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