RCA: l’impact de l’insécurité sur le panier de la ménagère

La situation désastreuse concerne le panier de la mère ou disons, la femme tout court, devant donner à toute heure à manger.

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Des vendeurs à la sauvette au mauché Pétévo à Bangui @photo Erick Ngaba

Par Thomas KOSSI

Bangui 11 janvier 2021-(Ndjoni Sango) : La problématique de non compréhension sur le territoire national quant aux élections couplées, crée de difficiles et pointues pigmentations dans les familles et surtout les parents. La situation désastreuse concerne le panier de la mère ou disons, la femme tout court, devant donner à toute heure à manger. Seulement, les prix et encore les prix, sont lourds à verser.

C’est un lundi matin. Les véhicules en général regardent tous vers le Centre-ville. Femmes, hommes et enfants de tout âge, vont dans le même sens pour combattre. Combattre et gagner ce qui permettra au foyer d’être allumé. Pendant ce temps, la maîtresse de maison qui s’occupe de la graille, s’attend à ce qu’elle querelle avec la vendeuse qui ne peut point hésiter à ramener le prix à la baisse.

Yeng, un citoyen d’une trentaine d’année, ouvre le bal par un problème auquel il aimerait que le monde concourt à sa solution. Car, au moment où il se rend au boulot, son estomac est entièrement vide vu qu’il s’est passé de manger du peu qu’il a abandonné à ses trois enfants qui mouraient de faim. Le jour d’avant,  il avait remis à sa compagne de vie, une somme de 1.500 F CFA pour s’occuper de la nourriture de tous. Mais au moment de manger, il ne pouvait rien toucher, car rien ne lui permettait de se nourrir. Il s’enflamma un instant, mais s’avisa pour savoir pourquoi la tablette faisait le malheur…

Gladys, une cliente intéressée, versa dans le malaise ce qu’elle avait sur le cœur : « Mon frère, tu as manqué lui donner un peu de sou pour l’oignon. Parce que comment comprends-tu qu’elle cuisine sans tout le condiment nécessaire » ?

Une autre voix, Marianne,  s’éleva pour ajouter ; « 1.500 F CFA pour le marché en ce temps-ci ? Rien n’est moins cher car les prix s’envolent vers quel autre ciel ! Chaque chose a sa propre  valeur et le coût s’y mêle encore ».

Comme confirmation, une autre femme dit : Mon ami, ne pense pas un jour t’amuser à remettre cette même somme à ta compagne. Tu seras toujours le ventre vide puisque tu auras choisi cette forme de réaction. Manger avec ton petit coût de main ne veut rien dire, tant les vendeuses et vendeurs aujourd’hui, ont la même philosophie de ce qu’ils exposent aux clients ».

Un jeune homme de moins de vingt-cinq ans se leva pour déclarer : « Mais qui dit que je vais toujours donner plus que cette somme pour mieux vivre ? Si j’ai 1.000 F CFA en poche, je vais à côté de la maison voir la voisine qui me donne deux sachets de bouillie et je ramène un long pain de « bon Samaritain » pour faire vivre le monde.

Cet avis incita le monde à s’exprimer. Pour les uns, voilà un prototype de phallocrate. Les autres, au contraire, lui partagea cette prise de position. Un dernier groupe opta pour le silence qui laissait entendre que ni l’un ni l’autre, ne manquait de raison. Car, selon lui, il faut être responsable de famille à part entière que de jouer au petit canard.

Etant arrivé à ma destination, je descendis du bus pour laisser continuer le trajet. Un trajet de bonne et instructive portée nationale quant à la marée que traverse le pays. C’est pour dire que l’insécurité créée par les rebelles joue énormément dans des foyers à Bangui.

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