RCA: Mahamat Alkhatim, le mercenaire tchadien qui menace la stabilité dans le nord

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Mahamat Alkhatim, chef rebelle du MPC lors des pourparlers en février 2019, à Khartoum @crédit photo Erick Ngaba

Par Juste MBANGO

Bangui 4 avril 2021—(Ndjoni Sango) : Venu en République centrafricaine à l’appel de l’ancien président François Bozizé en 2002 pour rejoindre sa rébellion, Alkhatim Mahamat est un mercenaire tchadien qui s’est finalement imposé par la suite en chef rebelle dans la région nord-est du pays. Faisant parti des leaders de la rébellion CPC, il est aussi visé par l’offensive en cours des forces armées centrafricaines qui traquent les groupes armés coalisés de cette rébellion dont François Bozizé est le géniteur.

L’enquête spéciale de Ndjoni Sango sur les leaders des groupes armés membres de la coalition rebelle CPC permet d’avoir un aperçu sur les mercenaires qui menacent la stabilité en République centrafricaine. En premier lieu, Alkhatim Mahamat du Mouvement des patriotes centrafricains.

En 2002, Alkhatim Mahamat a intégré la rébellion de François Bozizé contre le régime du feu Ange Félix Patassé. En 2003, François Bozizé a réussi à prendre le pouvoir à Bangui en reversant Ange Félix Patassé. Il a alors incorporé bon nombre des mercenaires étrangers qui l’ont permis de prendre le pouvoir, dans les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA).  Et le mercenaire tchadien Alkhatim Mahamat en faisait partie. C’est à ce niveau qu’il a pris le goût  du beau vivre en Centrafrique, et s’est procuré des documents administratifs centrafricains.

Un mercenaire est mercenaire et il pourrait mourir mercenaire. C’était ainsi qu’Alkhatim Mahamat s’était tourné contre François Bozizé qui a fait de lui ce qu’il est. Avec ses éléments armés, il a regagné la coalition Seleka ayant renversé Bozizé en mars 2013. Après la chute du régime sanguinaire de Seleka, il a investi la région nord-est de la RCA avec ses éléments armés au sein du Mouvement des Patriotes centrafricains (MPC).

Pillage de ressources naturelles, trafic d’armement et de bétail, prélèvement illégal des taxes sont entre autres  les activités du MPC d’Akhatim avec ses éléments, le tout couronné par des exactions, viols, vols, incendies des villages, d’autres actes de violations des droits de l’homme. Cela dure depuis des années lorsque Alkhatim occupait en 2014 des villes principales de la région nord-est avec comme état-major dans la ville de Kaga-Bandoro.

L’élection du président Faustin Archange Touadera à la tête de la RCA en 2016 a permis d’atténuer la situation des groupes armés qui écument le territoire centrafricain. La main tendue du président élu a permis d’entamer des pourparlers avec les principaux leaders des groupes armés dont le mercenaire tchadien Mahamat Alkhatim.

Le 6 février 2019 un accord de paix a été signé à Bangui entre le gouvernement centrafricain et l’ensemble des 14 groupes armés suite aux pourparlers entamés à Khartoum. L’accord que certains vont le rejeter pour répondre plus tard les hostilités avec le gouvernement avec le retour d’exil en Ouganda du patron de la rébellion en RCA, François Bozizé.

Comme si cela ne suffisait pas, Alkhatim et bien d’autres signataires de cet accord veulent le beur et l’argent du beur. Toujours insatisfaits dans leurs revendications brandies au gouvernement, les leaders des groupes armés dont la plupart sont des mercenaires étrangers veulent obtenir à la fois le ciel et la terre.

En 2020, François Bozizé de retour au bercail a pu convaincre plusieurs leaders des groupes armés à le suivre dans une nouvelle mésaventure. Ainsi, mi-décembre 2021, la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) a été créée d’abord dans l’optique d’empêcher la tenue des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020, et ensuite de renverser le pouvoir de Touadera. Des fausses promesses ont été faites par le Général François Bozizé à ces principaux leaders des groupes armés affiliés à la CPC.

Le mercenaire demeure mercenaire avec une éternelle insatisfaction, Mahamat Alkhatim à la tête du MPC a aussi suivi Bozizé dans cette mésaventure.

Au cours d’un violent combat avec les forces armées centrafricaines (FACA) appuyées par les forces russes et rwandaises, le leader du MPC serait gravement blessé et aurait été soigné à Kabo, une ville située au nord de la RCA près de la ville de Batangafo.

Aujourd’hui, tombés dans leurs propres pièges, ces leaders rebelles regrettent leur forfaiture en quittant l’accord de paix signé avec le gouvernement pour suivre François Bozizé dans son éternelle boulimie du pouvoir. Car, aujourd’hui, Alkhatim et tous les autres mercenaires rebelles de la CPC sont en train d’être traqués par les FACA et leurs alliés russes et rwandais.

Dans les prochaines publications, nous mettons le cpa sur un autre mercenaire qui menace la stabilité en RCA depuis des années malgré les multiples accords signés.

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Judicael Ouikon-Dongongo
14 jours il y a

Il faut les capturer vie ou mort. Trop, c’est trop la sinistre francafrique.