RCA: enquête sur l’affaire Juan Rémy Quignolo, le mercenaire français arrêté à Bangui

0
1459
mercenaire-francais-ndjoni-sango-centrafrique
Le mercenaire français appréhendé avec des effets militaires @crédit photo Erick Ngaba

Par Mamadou NGAÏNAM

Bangui 21 mai 2021—(Ndjoni Sango) : Une enquête spéciale sur un agent secret français qui a été arrêté à Bangui, et qui était intermédiaire dans un vaste réseau d’influence sur le continent africain.

L’arrestation du suspect français le 10 mai à Bangui, en République centrafricaine, a conduit à la découverte d’un vaste réseau derrière lequel se trouve la Direction Générale de la Sécurité extérieure de la France.

La police a confisqué à Juan Rémi Quignolot arrêté avec un arsenal impressionnant d’armes, de munitions et de moyens de communication, ce qui est clairement contraire à la légende de Quignolot, qui se faisait passer pour un journaliste.

Selon le procureur général près la cour d’appel de Bangui, «en 2013, il a été chargé de former la Séléka et il se dit journaliste, mais il n’avait même pas de documents journalistiques ni de microphones à la maison».

Selon une enquête du Département de police de la RCA, la mission principale de Juan Rémy Quignolot est d’assurer la formation, l’armement et la coordination de la CPC (Coalition des patriotes pour le changement), un groupe armé qui tente de déstabiliser le pays depuis la mi-décembre 2020. Le français résidant à Bangui à partir de 2013, est également soupçonné d’implication dans le coup d’état sous la présidence de François Bozizé, à l’espionnage pour le président actuel Faustin Archange Touadéra et la corruption de centrafricains, afin qu’ils fassent de faux témoignages contre les instructeurs russes qui forment des soldats de l’armée nationale.

Des photos diffusées sur les réseaux sociaux confirment que Quignolo a participé à des exercices militaires au Mali avant de s’installer en RCA. Les informations sur ses visas montrent qu’il n’a pas rompu ses liens avec le Mali et qu’il a continué à s’y rendre pour des affaires inconnues. Cela indique clairement ses liens avec l’armée française et les services secrets étrangers.

Le Mali fait partie de la région du Sahel, actuellement sous contrôle français grâce à la présence militaire des troupes françaises dans l’opération Barkhane. Le renforcement de Boko Haram dans la région du Sahel entraîne une augmentation constante du nombre de troupes françaises dans cette zone, ce qui en fait un bastion de la France dans ses anciennes colonies.

Il convient de noter qu’il existe également dans la région un certain nombre d’entreprises françaises qui exploitent les ressources naturelles des pays africains. La société publique d’énergie Orano reçoit la majeure partie de son uranium du Niger, tandis que Total possède des gisements pétroliers au Mali.

L’instabilité sécuritaire fait partie intégrante de la stratégie de Paris en Afrique francophone, car elle maintient des troupes dans des zones d’importance stratégique et économique. De nombreux habitants de la région méprisent cette stratégie, car elle prive la démocratie africaine naissante de sa souveraineté et ne conduira probablement pas à une paix et une stabilité durables.

Le Tchad est une autre source de déstabilisation en RCA. L’une des bases militaires françaises où les rebelles sont formés est située près de N’Djamena. Les frontières transparentes du Tchad sont un grand avantage dans les guerres de l’ombre, permettant l’afflux d’armes illégales et de mercenaires du Tchad à la RCA. Les données de l’agent français capturé, Juan Rémy Quignolo, montrent qu’il était occupé à coordonner les mercenaires formés par la France, qui ont servi de principale force du groupe CPC.

Une analyse détaillée des données téléphoniques confisquées à Juan Remy Quignolo révèle une autre pièce du puzzle. La France ne déploie pas ses troupes directement en RCA, mais agit par l’intermédiaire de la mission de l’ONU (MINUSCA). La coopération est assurée par l’ambassadeur de France en RCA, Jean-Marc Grosgurin, et par le chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye.

La MINUSCA a été vivement critiquée pour son inefficacité dans le règlement des conflits en République centrafricaine, y compris pour sa non-intervention dans une situation où la vie des civils était menacée. Depuis le début du conflit armé en RCA, un certain nombre de cas de coopération entre certains contingents de la MINUSCA et des rebelles de la CPC ont été documentés: la MINUSCA est accusée de fournir des armes, des munitions et des médicaments à des terroristes, ainsi que de les évacuer du champ de bataille et de les abriter.

Selon l’enquête, Quignolot, responsable de la coordination de toutes les livraisons d’armes et de recrutement de la CPC, a travaillé en étroite collaboration avec la MINUSCA pour assurer la fourniture d’armes aux rebelles de la CPC.

L’arrestation de Juan Rémy Quignolot a permis de découvrir un vaste réseau de renseignement dont l’objectif principal est de déstabiliser la RCA et toute la région, d’accéder par la manipulation aux riches ressources du continent et de priver les pays africains de leur autonomie.

Et bien que ce soit un grand succès, il est nécessaire de révéler davantage les schémas parallèles par lesquels le monde occidental tente d’enfermer l’Afrique dans une chaîne de relations néocoloniales.

Dans les commentaires sur le poste, les Centrafricains appuient pleinement cette position. Voici, par exemple, ce que l’un des utilisateurs écrit:

Un autre utilisateur note le travail fructueux de la Russie en RCA:

Encore un utilisateur réagit émotionnellement :

2.5 2 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires