Hier, Bozizé en exil au Tchad avant de renverser Patassé, aujourd’hui, Bozizé encore en exil au Tchad?

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François Bozizé chef rebelle et coordonnateur de la CPC

EDITORIAL

Par Erick NGABA

Bangui 15 Novembre 2021—(Ndjoni Sango) Le 15 mars 2003, avec le soutien de l’armée tchadienne, Français Bozizé en exil au Tchad rentre au pays et s’empare du pouvoir à Bangui, alors que le feu président Ange Félix Patassé est pendant ce temps en visite de Travail au Niger. Le même patron de la rébellion en Centrafrique se retrouve aujourd’hui en exil au Tchad après sa mise en déroute par les forces armées centrafricaines appuyées par les forces alliées russes et rwandaises lors de sa tentative de prise Bangui le 13 janvier 2021 avec son escadron de la mort dénommé Coalition des patriotes pour le changement (CPC).

Avec un appui  militaire et financier conséquents du Tchad et de la France, le Général François Bozizé qui fut en exil en France puis au Tchad, a renversé le régime du feu Ange Félix Patassé qui, entre temps, faisait de lui chef d’état-major de l’armée centrafricaine. A la tête d’une forte rébellion composée des soldats de l’armée centrafricaine, des mercenaires tchadiens et soudanais, François Bozizé s’empare de Bangui le 15 mars 2003.

Aujourd’hui, le Général du maquis qui a pris la poudre d’escampette face à la contre-offensive des FACA appuyés par des Russes et des Rwandais déployés à la demande du président Touadera, se retrouve au Tchad. Avec ses fils rebelles, et certains leaders des groupes armés de la CPC dont Ali Darrassa de l’UPC, Mahamat Alkhatim du MPC, Général Bodo des 3R, et Maxim Mokom des Anitbalaka entre autres, François Bozizé s’exile à Ndjamena.

Selon les versions officielles, ces leaders principaux des groupes armés de la RCA sont en exil au Tchad à la demande des chefs d’Etats de la CEEAC et du CIRGL, conformément à la feuille de route de Luanda pour la fin des hostilités sur le territoire centrafricain.

Mais, pour des observateurs avertis, le regroupement de ces leaders rebelles dont François Bozizé au Tchad n’est pas un bon signe. Leur présence dans ce pays limitrophe qui en veut toujours à son voisin, constitue toutefois une menace sécuritaire en RCA. Car, l’histoire nous rappelle encore le coup monté de François Bozizé avec le Tchad sous les injonctions de la France qui voulait par tous les moyens mettre fin au régime de Patassé.

C’est pourquoi, le régime de Bangui doit être constamment en alerte maximale pour suivre de près ce qui se trame entre le Tchad et la France. Il ne faut pas aussi perdre de vue que le président de la transition tchadienne, Mahamat Idriss Déby vient être reçu par le président français Emmanuel Macron à Paris où le dossier centrafricain a été au menu de discutions.

De surcroît, François Bozizé n’a jamais pardonné à son adversaire politique. Ce qui veut dire que Faustin Archange Touadera doit à tout prix surveiller ses arrières et contrôler son ombre.

Ainsi, la vigilance de Bangui doit être de mise pour veiller au grain de tous les dangers pour que l’histoire sombre ne puisse pas se répéter. Les dispositifs sécuritaires au niveau des frontières de la RCA doivent être robustes afin de contenir toute tentative d’une énième déstabilisation du pays déjà déstabilisé.

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