Par Jolidon Josiana Tcheckoé
Bangui, le 6 août 2026 — (Ndjoni Sango). En République centrafricaine, le phénomène des enfants de la rue demeure une préoccupation majeure. À Bangui, plusieurs centaines d’enfants vivent ou passent l’essentiel de leur temps dans les rues, livrés à eux-mêmes et confrontés à de multiples risques. Cette réalité soulève des interrogations sur les causes profondes de ce phénomène et sur les réponses à apporter pour protéger cette frange vulnérable de la population.
Dans les principaux carrefours, les marchés, les centres commerciaux et plusieurs quartiers de la capitale, ces enfants sont visibles au quotidien. Certains mendient, d’autres proposent de petits services, comme le chargement de véhicules ou le transport de bagages, afin de gagner quelques pièces. D’autres encore sollicitent de la nourriture auprès des ménages pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
Selon plusieurs observateurs, cette situation résulte d’un ensemble de facteurs. Les années de conflits armés et d’instabilité ont fragilisé de nombreuses familles, aggravant la pauvreté et la précarité. À cela s’ajoutent les séparations familiales, les abandons, les décès des parents et, dans certains cas, les violences domestiques qui poussent des enfants à quitter leur foyer.
Convaincus qu’ils trouveront davantage de moyens de subsistance dans la rue, beaucoup s’exposent pourtant à des conditions de vie extrêmement difficiles.
Livrés à eux-mêmes, ces enfants sont particulièrement vulnérables à l’exploitation, à la délinquance, à la consommation de stupéfiants et à diverses formes de violence. Ils sont également souvent stigmatisés et accusés de faits tels que les vols ou les actes de vandalisme, sans que les causes profondes de leur situation ne soient suffisamment prises en compte.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs de la société estiment qu’une réponse coordonnée s’impose. Au-delà de la protection sociale, il est nécessaire de renforcer les politiques de prévention, de favoriser la réinsertion familiale lorsque cela est possible, de garantir l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, ainsi que de soutenir les familles les plus vulnérables.
Alors que les enfants représentent l’avenir de la République centrafricaine, leur prise en charge constitue un enjeu majeur pour le développement du pays. Leur offrir des perspectives d’éducation, de protection et d’insertion est une responsabilité qui incombe aussi bien aux pouvoirs publics qu’aux familles, aux organisations de la société civile et à l’ensemble de la communauté.









































