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RCA: affaire passeport, quand l’orgueil politique de Dologuélé prend le pas sur la procédure judiciaire

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Anicet Georges Dologuelé, leader politique centrafricain
Anicet Georges Dologuelé, leader politique centrafricain

Editorial:

Par Erick NGABA

Bangui 31 août 2026—(Ndjoni Sango): L’affaire du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé continue de susciter des réactions en République centrafricaine. Mais au-delà de la polémique politique, la question est tout simplement de savoir pourquoi l’ancien Premier ministre ne privilégie-t-il pas la voie administrative et judiciaire pour régler définitivement la question de sa nationalité, au lieu de réclamer directement un passeport centrafricain?

Le gouvernement soutient que Dologuélé, après avoir acquis la nationalité française en 1994, a perdu sa nationalité centrafricaine conformément au Code de la nationalité. Le ministre d’État à la Communication, Evariste Ngamana, a récemment expliqué que la procédure appropriée est d’introduire une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine auprès du président de la République, conformément aux dispositions en vigueur.

C’est précisément là que le bât blesse. Un passeport ne crée pas la nationalité, il en est la conséquence. Si l’administration considère que la situation juridique de l’intéressé doit d’abord être régularisée, il paraît logique de commencer par cette étape avant de solliciter la délivrance d’un document de voyage.

Dologuélé, en tant qu’ancien Premier ministre, ancien candidat à la présidentielle et aujourd’hui parlementaire, connaît parfaitement les rouages de l’État. Il dispose également de toutes les voies de recours nécessaires s’il estime que l’interprétation faite de sa situation est juridiquement infondée.

Il peut donc contester la décision devant les juridictions compétentes. Mais transformer systématiquement cette question administrative en affrontement politique et se présenter comme une victime du pouvoir ne contribue pas nécessairement à résoudre le problème.

Il suffirait pourtant d’engager la procédure de réintégration, si celle-ci est effectivement exigée par la loi. Faire une demande au président Faustin-Archange Touadéra ne devrait pas être perçu comme une capitulation politique ou une reconnaissance de faiblesse. Il s’agit simplement de respecter une procédure institutionnelle. La politique peut être un terrain de confrontation, mais la nationalité et la délivrance des documents officiels obéissent d’abord au droit.

Dologuélé gagnerait donc à sortir de cette logique de bras de fer et à privilégier une démarche pragmatique. Car vouloir obtenir directement un passeport alors que la question préalable de la nationalité demeure au cœur du dossier, c’est finalement mettre la charrue avant les bœufs.

Dans une République, même les adversaires du pouvoir doivent accepter que la loi et les procédures passent avant l’orgueil politique.

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