RCA: interview avec Alexandre Ivanov sur la présence des instructeurs Russes à Bangui

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Le représentant russe Alexandre Ivanov @crédit photo Erick Ngaba

Par Erick NGABA

Bangui 25 février 2021—(Ndjoni Sango) : Après un entretien conjoint avec le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Wanzet Linguissara, les journalistes de Ndjoni Sango et de Lengo Songo, des médias centrafricains, ont réussi à s’entretenir avec Alexandre Ivanov, représentant de la Communauté des officiers russes pour la sécurité internationale, qui a répondu à leurs questions plus en détail.

Bonjour, pourriez-vous vous présentez ?

Je m’appelle Alexandre Ivanov, je représente l’organisation « Communauté des officiers pour la sécurité internationale ».

La mission de notre organisation est d’assurer la paix dans les zones de conflits militaires à travers le monde en recourant pour cela aux moyens civiles et militaires ainsi qu’au désarmement et lutte contre le terrorisme. Notre organisation existe depuis longtemps, et tout récemment, nous avons changé notre statut juridique.

Et alors, le rôle de votre organisation en Centrafrique?

En Centrafrique, notre organisation est représentée par les instructeurs russes. Nos spécialistes expérimentés ont réussi, dans de courtes délais, à instruire les militaires des FACA, ce qui a permis au gouvernement centrafricain de créer une armée puissante qui est prête à défendre les intérêts nationaux.

Combien de personnes travaillent comme instructeurs en Centrafrique?

En accord avec le règlement du Conseil de sécurité des Nations-Unies, 475 instructeurs se trouvent actuellement sur le territoire centrafricain.

Et combien d’entre aux prennent part aux affrontements armés ?  

Les instructeurs civils ne participent pas aux combats, ils ne font que soutenir les soldats des FACA.

A part les militaires, nous entraînons aussi les gendarmes. D’ailleurs, un de nos instructeurs s’est récemment vu attribuer une distinction de par le Président Touadéra.

Distinction

Ces gens sont-ils des mercenaires comme on le dit dans les médias ?

Il n’est pas correct de les appeler mercenaires. Ce que nous faisons, c’est d’entraîner les soldats de l’armée gouvernementale. En se trouvant ici, nous ne transgressons aucune règle et observons les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU. Fin décembre 2020, le Président de la République nous a demandé d’envoyer encore des instructeurs en Centrafrique. C’est ce que nous avons fait : encore 300 personnes sont venues ici.

Je suis au courant que certains considèrent nos instructeurs de mercenaires. Même les journalistes, mais ce n’est pas vrai. Les seuls mercenaires en République centrafricaine sont les rebelles des groupes armés qui, pour la plupart, se composent de mercenaires des pays voisins : Tchad, Soudan, etc. Ils se trouvent illégalement sur le territoire du pays et font la guerre au gouvernement officiel et légitime.

Que font exactement les instructeurs ?

Comme je l’ai déjà dit, nos instructeurs entraînent les soldats locaux qui constituent l’armée nationale. Plus précisément, on les apprend le maniement d’armes, la technique de combat – donc, les compétences essentielles pour tout militaire.  Les gars ici sont intelligents et assidus, c’est un plaisir de travailler avec eux. Ce qui est important, c’est que pour beaucoup d’entre eux faire partie de l’armée nationale est un honneur. Ils veulent vraiment protéger leur patrie des rebelles et y ramener la paix.

En plus d’entraînement principal, nous organisons également divers séminaires et consultations pour l’échange d’expériences.

C’est-à-dire que les responsabilités des instructeurs se limitent à l’entraînement militaire et ils ne prennent pas part aux combats ?

Exactement. Nos instructeurs ne combattent pas eux-mêmes les rebelles : c’est pour cela qu’ils ont appelés « instructeurs », d’autant plus civiles. Nous ne fournissons, soi-disant, qu’un soutien éducatif aux forces armées centrafricaines. Nous les formons, mais ensuite ils sont par eux-mêmes.

Est-ce que vous visitez souvent la République centrafricaine ? Et si ça fait beau de vivre dans ce pays ?  

Eh bien, si cela me plaît ou non, ce n’est probablement pas une question tout à fait correcte : après tout, je suis ici pour le travail. L’exercice du devoir, comme on dit.

Evidemment, le climat est assez inhabituel pour un Russe : à +35, cela est parfois un peu dur. Mais en général, j’aime bien ce pays, il a un grand potentiel. C’est pourquoi j’espère vivement que notre travail ici ne sera pas vain, que les groupes armés seront éradiqués et le pays pourra se développer en toute sécurité.

Qu’est-ce qui vous a impressionné le plus en Centrafrique ?

Impressionné? Peut-être les gens. Ils sont si joyeux, même s’ils ont beaucoup souffert. Il y avait un jeune homme du nom de Désiré parmi les soldats. Plusieurs de ses parents sont morts : quelqu’un est devenu victime des conflits armées, quelqu’un est mort de maladies. Mais Desiré ne s’est pas découragé, il a dit : « C’est génial que maintenant nous aurons une armée, nous pourrons protéger nos familles. »

Il était très fier de servir dans l’armée nationale et de protéger son peuple. C’est très contagieux quand vous rencontrez des gars comme Desiré, vous vous rendez compte que vous faites une chose importante et nécessaire. Bref, vous aidez les gens.

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