RCA: les victimes de conflits réclament leur implication dans la révision constitutionnelle

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La coordination des organisations des victimes en Centrafrique en conférence de presse (Septembre 2022)

Par Erick NGABA

Bangui 6 septembre 2022—(Ndjoni Sango): Les victimes des conflits militaro-politiques se disent laissées dans tous les processus de la résolution de conflit et de la refondation de la République centrafricaine. A travers leur coordination nationale (CNAV-CA) qui a tenu le lundi 5 septembre à leur siège à Bangui, elles expriment leur implication dans le processus en cours de la modification de la constitution.

La coordination nationale des associations des victimes de Centrafrique (CNAV-CA) chapotée par Hervé Lindamo, se dit préoccupée par le processus de la révision constitutionnelle dans le pays. En exprimant son vœu pour la révision de l’actuelle constitution du pays, la CNAV-CA déplore la mise à l’écart des victimes dans le processus de la fondation de la nouvelle république.

« Nous membres des organisations de la société civile notamment celle des associations des victimes exprimons nos vives préoccupations relatives à la promotion de la démocratie, la paix et le vivre ensemble en Centrafrique. Le pays amorce un nouveau processus de la révision de la constitution qui ne fait pas l’unanimité sur l’ensemble des acteurs politiques et aussi par une partie de la société civile. Nous ne pouvons pas être à l’écart de la situation actuelle », a fait savoir la coordination des victimes dans sa déclaration.

La plateforme a rappelé l’engagement et l’implication des victimes dans les précédents processus du retour de la paix et la cohésion sociale depuis le retour à l’ordre constitutionnel en 2016 en Centrafrique. Il s’agit notamment de l’accord de paix du 6 février 2019 et des cadres de recherche de la paix suite aux multiples exactions perpétrées par les groupes armés.

Seulement, la coordination déplore la marginalisation dont font l’objet les organisations des victimes concernant la mise en place du comité du dialogue républicain, l’équipe technique de la Commission Vérité Justice, Réparation et Réconciliation (CVJR) où aucun membre des victimes n’est représenté.

De son avis, la coordination estime la constitution du 30 mars 2016 ne prend pas en compte les préoccupations des victimes d’où la nécessité de sa modification.

« Au moment où le pays la révision de la constitution, le décret N°22.348 du 26 août 2022 mettant en place l’équipe de rédaction de la constitution, la plateforme des victimes est mise à l’écart. De notre constat, la constitution actuelle de la République ne dispose d’aucune disposition particulière en faveur des victimes de multiples crises militaro-politiques à répétition. Pour cette raison, nous souhaitons la révision de la constitution actuelle de la République afin de prendre en compte la préoccupation des victimes», indique la coordination.

Pour une paix durable en RCA, la coordination constituée des organisations des victimes à savoir AVED, AVUC, AVCM-PCA, APDICO-MIPO, ADVP, AVLRAC, ADIV, et AEVI, réclame la représentation effective de ses membres dans le comité de rédaction de la nouvelle constitution.

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