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Centrafrique: la présence de l’armée russe réveille les vieux démons

Vue du centreville de Bangui, capitale centrafricaine@Stéphane

Par Stéphane KOURAKOUBA

Bangui 1er février 2018 (Ndjoni Sango) : Alors que le gouvernement centrafricain cherche les voies et moyens pour sortir la RCA du cycle infernal de violence dans lequel  s’enlise le pays depuis plusieurs années, d’autres fils du pays évoluent à contre courant de cette volonté politique. Certains « héritiers » du feu empereur Jean Bedel Bokassa dénoncent  la présence des Russes à Berengo et invitent le gouvernement à les  faire déguerpir. C’est ça l’hospitalité qu’un digne fils de son pays peut réserver aux  pompiers Russes ?

Berengo est un domaine d’environ une dizaine d’hectares qui est situé à 65 km de Bangui. Ce domaine a abrité dans les années 70 la cour de l’empereur Bokassa 1er et dispose d’une piste d’atterrissage avec un environnement propice à l’instruction militaire.

En effet, la famille Bokassa revendiquait à travers leur avocat  l’ancien palais royal de Bokassa de Berengo occupé par des militaires Russes avec l’accord du gouvernement Centrafricain. L’histoire retient que  le palais royal de Berengo ne sert pas pour la première fois comme un centre d’instruction  militaire.

Sous le régime défunt de François Bozize, Berengo était transformé en un centre d’instruction militaire. A ce titre,  une partie de la promotion 2006 des soldats  a été formée  dans ce centre y compris les policiers. La formation  de cette promotion n’a soulevé aucune polémique voire réaction au sein de la famille Bokassa.

Pire encore, les Séléka ont érigé  cet édifice en une base lors de la prise de pouvoir par la force  en 2013. La encore, l’idée de  profanation de la tombe du feu Bokassa n’a pas été brondie. Alors pourquoi à un moment où le peuple est en danger et que l’Etat a décidé d’affecter temporairement ce domaine aux instructeurs Russes, on assiste à des réactions?

Il y a anguille sous roche

L’hypothèse d’une manipulation n’est pas à exclure. Nul n’est sans ignorer  que la présence des Russes en Centrafrique ne rencontre pas l’agrément de l’ancienne puissance coloniale. La chaine étrangère notamment la Radio  France Internationale a aussi relayé cette information dans un reportage intitulé : « Que font donc ces militaires Russes près de la tombe de Bokassa ? ».

On se souvient de la réticence française lors de la demande Russe au Conseil de Sécurité des Nations-Unies de lever l’embargo et  réarmer des FACA  en Novembre 2017, qui a fait boule de neige sur les réseaux sociaux.

Les « héritiers » Bokassa ont-ils le titre foncier de ce domaine qui fut un palais impérial abritant les institutions de l’Empire? Même si c’est le cas, le feu Bokassa est un valeureux officier qui avait créé  l’Armée  Centrafricaine  a fait ses preuves au-delà de nos frontières.

Son âme ne peut que se réjouir outre tombe lorsque les militaires Russes viennent à un moment crucial pour prêter main forte à l’Armée Centrafricaine pour déboucher sur la restauration de l’autorité de l’Etat.

Selon RFI qui a exploité le compte tweeter du ministre de l’administration du territoire, Jean Serge Bokassa lui aussi « héritiers » Bokassa « s’indigne du procédé ».

Lui qui est censé accompagner le gouvernement  afin d’accéder au retour de la paix se dit surpris par la présence des Russes à Berengo d’après RFI. S’agit – il encore là d’une manipulation de l’information ?

Les Russes ne sont pas venus  pour occuper  définitivement le  domaine de Berengo. Donnons la chance d’abord à la paix au lieu de sacrifier l’avenir de toute une nation au profit des intérêts étrangers.

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