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Centrafrique : Max Gazouléma demande aux jeunes musiciens de s’approcher des anciens pour mieux se former

Max Gazoulema

Max Gazoulema/@Juvesta

Bangui 02/03/17 (www.ndjonisango.net): Dans une interview accordée à notre rédaction, le chef d’orchestre de Canon Star, l’un des groupes mythiques de Centrafrique, trouve que les jeunes musiciens qui émergent aujourd’hui ne sont pas bien encadrés. Il demande à cet effet à ces jeunes artistes de s’approcher des anciens pour mieux se perfectionner car , selon lui, il y’a une grande différence entre la génération d’hier et celle d’aujourd’hui.

Ndjoni Sango: Max Gazouléma bonjour.

Max Gazoulema (MG) : Bonjour.

Ndjoni Sango: Vous êtes le chef d’orchestre de Canon Star, quelles informations peut-on avoir de votre groupe ?

MG : Ça va, le groupe se porter bien.  Je suis venu en vacances, le groupe Canon Star de Bangui est en studio, comme ils sont en studio, il va falloir que je vienne pour voir deux ou trois choses, et pour échanger un peu avec eux.  On a déjà commencé la programmation, on est sur la cinquième chanson, et après les concerts, dans l’ensemble tout va bien.

Tout va bien dans l’ensemble, avec ces jeunes formés, est ce qu’on pourra avoir demain des futurs Bovic Gazoulema, Vadjio, Liwaza… des grands noms qui ont marqué l’histoire de la musique  centrafricaine?

MG : Ca va être difficile parce qu’avec les solistes c’est possible, mais les chanteurs, à la fin chacun va avoir sa couleur à lui son timbre vocal, sa couleur à lui, mais pour avoir des chanteurs on va dire avec la texture de Bovic ou moi, ça va être difficile, mais pourquoi pas, parce que le secret ou la manière de chanter vient aussi du lien de la famille quelque part. Meme si on essaie de fabriquer quelqu’un pour que ça puisse être pareil, c’est difficile, il peut y avoir des nuances de deux ou trois choses.

Ce qui veut dire que la relève y est tout de même ?

MG : Ah oui, il le faut, voilà que nous commençons à prendre de l’âge, on est obligé de préparer, on ne sait pas quand  on va finir, tout peut s’arrêter,

Et du côté de la France est ce que les caciques Vadjio, Emmanuelas… ils sont toujours en activité ?

MG : Ils sont toujours en activité, c’est le problème de planning de chacun. Laba c’est compliqué, par rapport aux répétitions, aux couts au niveau  du studio. On n’est pas dans le même arrondissement, d’autres sont en provinces, d’autres à Paris. Pour le faire venir il faut qu’il ait un temps ou un week-end disponible. En ce temps que je suis disponible, lui il est pris, au moment où je suis disponible, l’autre làbà est pris. Gérer tout cela au téléphone, c’est difficile, la répétition est la base, on va finir par trouver le juste milieu. Ca n’empêche pas à chacun de faire son truc en solo, sinon ça va être difficile. Un projet de six mois ça peut te prendre une année.

Quel message avez-vous à lancer à l’endroit de vos fanatiques et supporters qui sont inquiets ?

MG : Pour les fanatiques et les supporters, qu’ils ne s’inquiètent pas, tant qu’on est encore là, moi je parle de moi, si je suis encore là tel que  je suis là, il n’y a pas de problème. Je le ferai je ne sais pas jusqu’à quand, il n’y a pas de raison que j’arrête d’ici là. La musique, c’est ma passion, c’est ma vie, c’est mon métier, c’est tout pour moi. Tout ce que j’ai appris après, c’est le bon Dieu qui me l’a donné

Quel regard portez-vous sur la musique centrafricaine, la génération actuelle, comparativement à votre génération ?

MG : Non il n’y a même pas photo, il n’y a pas de rapprochement, non, non, non. Les enfants sont sortis  au moment où on est parti, Canon Star est parti, Musiki est parti, il n’y a plus rien. Au moment où JMC  explosé qu’il y avait les trucs de Musica… mais parmi eux on peut trouver des talents, je prends l’exemple du petit Losseba, Ozagain et même le petit Igor, d’autres sont venus s’amuser, ils ne sont pas des musiciens, ce n’est pas leur passion.

Quelle est alors la différence entre ces deux générations ?

MG : La différence est que là où je suis sorti, je peux me permettre de dire que j’étais très bien entouré des grands et donc ce n’est pas leur cas. On est parti dans la même école, on avait des secrets, quand je dis secret, je veux parler des méthodes qu’on nous a apprises et qu’eux, ils n’en ont pas. On a travaillé dur pour qu’aujourd’hui pour fabriquer ce nom pour que les gens disent monsieur tel. On a commencé là pour en arriver là. S’ils veulent vraiment faire ce métier avec amour, pas pour le plaisir, c’est tous les jours qu’on apprend la musique.

Est-ce que ce sont les jeunes qui ne veulent pas écouter vos conseils d’anciens ou alors ils sont venus à un moment où il n’existe plus d’anciens pour les encadrer ?

MG : Quand on est parti, il n’y avait les anciens qui étaient là, il ya Charly Perrière, il les autres qui sont là. Déjà eux, ils pensent qu’ils sont déjà arrivés, ils connaissent tout. Si c’en est le cas, c’est bien. Depuis que je suis là, il y a combien de musiciens de groupe des jeunes qui sont venus me voir ? Personne. Je ne peux pas compter les musiciens de Canon Star, parce que eux, c’est naturellement tous les jours qu’in se voit. Quand je viens à Bangui chaque, ça m’arrive de voir des anciens qu’on cause. C’est comme ça que ça se passe, chacun à sa manière de voir les choses.

Quel est titre de l’album en préparation en ce moment ?

MG : Ce que j’ai sorti, dommage que je l’ai pas avec moi ici. C’est sur le net, je fais des reprises de chansons de mon défunt grand-frère, je l’intitule REINCARNATION, un album de huit titres. Mon album à moi, ça s’intitule LA COUR DES GRANDS, ça devrait sortir depuis deux ans, c’est le projet d’album de mon grand-frère qui l’a retardé. Je me produis moi-même, trouver un producteur aujourd’hui n’est pas facile. D’ici trois à quatre mois, LA COUR DES GRANDS va sortir avec neuf titres. Ce n’est pas dans mes habitudes de faire des singles.

Max Gazoulema, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions

Propos recueillis par Juvénal KOHEREPEDE

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