Entrez vos mots clés de recherche et appuyez sur Entrée.

Centrafrique: les cadavres exposés au siège de la Minusca ne sont pas des musulmans tués au KM5, enquête spéciale

Les corps sans vies exposés au siège de la Minusca à Bangui

Par la rédaction de Ndjoni Sango

Bangui 12 avril 2018 (Ndjoni Sango) : la série de l’enquête spéciale de la rédaction de Ndjoni Sango, à travers des sources dignes de foi au quartier Km5, a permis de lever la voile sur la situation qui prévaut dans ce célèbre quartier de Bangui. A en croire des sources concordantes, les 17 cadavres qu’un groupuscule des habitants de Pk5 ou Km5 ont exposé hier 11 avril 2018 au siège de la Minusca ne sont pas des corps musulmans.

Loin de prétendre utiliser la terminologie de chrétien musulman dans le contexte de la crise en République Centrafricaine, il est quand même logique de préciser les choses pour que la vérité rayonne au sein de la cité souillée par des maux qui empêchent d’émerger.

En effet, l’exposition des corps sans vies devant le siège de la Mission onusienne à Bangui, n’était qu’une poudre aux yeux. Les sbires du leader  des groupes criminels au Km5 dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui, Nimery Matar Alias Force, ont tout mis en œuvre afin de tromper l’opinion nationale et internationale.

L’enquête spéciale de Ndjoni Sango révèle que les corps sans vies exposés au siège de la Minusca ne sont nullement des cadavres musulmans tués au KM5 lors de l’opération de désarmement menée par les casques bleus, contre les groupes criminels de ce quartier, réputé comme un grand centre commercial de la capitale centrafricaine.

D’après des sources consultées par Ndjoni Sango, ces cadavres seraient des sujets congolais de la République Démocratique du Congo (communément appelés Monon utilisés comme des domestiques et coursiers) retranchés au Km5 sous la coupe des criminels armés, et des otages qui auraient été abattus par les éléments du « Général alias Force ».

« Ecoutez. Les Musulmans ne trainent jamais les corps sans vies de leurs chers sous le soleil comme fut le cas le mercredi dernier devant le siège de la Minusca. C’est contraire au rite de l’islam. Les corps des musulmans tués lors de cette opération, ont été tous conduits à la morgue de la Mosquée d’Ali Babolo et enterrés dans l’enceinte de l’église catholique Saint Mathias qui a été détruite par les autodéfenses. Comme d’habitude, nous les musulmans, nous n’abandonnons pas les cadavres de notre communauté. Nous enterrons dignement nos morts nous-mêmes relativement à notre rite. Les corps qu’ils ont exposé sous le soleil sont des gens qu’ils ont pris en otage», se confie une source du quartier Km5 contactée par Ndjoni Sango sous couvert de l’anonymat.

La même source informe que l’effectif des morts des victimes musulmanes enterrés au Km5 est largement différent de celui exposé devant le siège de la Minusca. Pour crier aux victimes, les groupes criminels se servent des habitants de ce secteur comme bouclier humain afin de parvenir à leurs objectifs occultes.

Après l’exposition des corps et l’exécution de l’hymne national devant le siège de la Minusca, le groupe des manifestants a rebroussé chemin de Km5, abandonnant les corps jusqu’à ce que la Croix-Rouge les achemine à la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui.

Or en 2017, pour déplorer une opération menée par la Minusca visant à arrêter un autre leader de ces criminels, notamment Haroun Gaye, les habitants de Km5 ont transporté les cadavres issus de cette opération devant le siège de la Minusca. Après l’exécution de l’hymne national, ils ont ramené les corps au Km5 pour enterrement.

Les habitants de Km5 sous l’étau de Force avec ses sbires

Au Km5, il y a deux camps opposés au sein de la population. Il y a des habitants majoritaires qui veulent la paix et le retour de l’autorité de l’Etat au Km5, tandis qu’il y a d’autres minoritaires qui tirent profits de cette crise, soutiennent les criminels armés pour semer les troubles en s’opposant à l’installation de l’autorité de l’Etat. La majorité des habitants est prise en étau par la minorité radicale. C’est ce qui rend difficile l’opération menée par la Minusca.

« Vous savez, le Générale Force utilise toutes les stratégies pour défier le gouvernement et la Minusca. Il a sa guise, une partie de la population de Km5 qui le soutien. C’est pour dire que nous sommes pris en otage pas ceux qui détiennent les armes. Tout cela prend finir pour que le Km5 retrouver son image, la paix et la cohésion sociale », a indiqué un habitant du Km5, souhaitant gardé l’anonymat, avant d’ajouter que « le gouvernement et la Minusca doivent changer de méthode et de tac-tic en adoptant une stratégie claire afin de mettre la main sur les fauteurs de trouble ».

Une scène de propagande visant à incriminer la Minusca

Contactées par Ndjoni Sango sur ce dossier, des sources proches de la Minusca font état de ce que les manifestants venus de Km5 cherchent à mener une campagne de diabolisation visant à ternir l’image de la Minusca et du gouvernement centrafricain.

« Les corps qui ont été exposés par les manifestants devant notre bureau ne sont pas des civils comme ils prétendent le dire. C’était des milices armées. Comprenez que cette scène spectaculaire était une propagande qui vise à incriminer la Minusca dont le mandat est de protéger les civils », a intimé une source de la Mission onusienne en Centrafricaine.

L’opération conjointe menée le week-end dernier par les casques bleus de la Minusca et les forces de sécurité intérieure, a causé beaucoup de perte en vies humaines. De part et d’autres, la Minusca, les criminels du Km5 et les civils ont enregistré des morts et des blessés dans leur rang respectif sans que cette opération puisse aboutir au succès.

Après l’échec constaté de cette opération, il est une nécessité pour le gouvernement et la Minusca, à travers la volonté de paix affichée par la majorité de la population du 3ème arrondissement de Bangui, d’imposer la paix au quartier Km5, centre économique de la capitale centrafricaine.

Un dossier à suivre.

Commentaires

commentaires