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Centrafrique : Berberati, Boda, Carnot et Nola peuvent désormais exporter les diamants

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Une réunion avec la population de Carnot@/Eric Ngaba

Par Eric NGABA

Bangui 10 octobre 2016/Ndjoni Sango.net : l’exploitation de diamants centrafricains connait des avancées considérables grâces aux efforts déployés par les cadres du ministère des mines de l’énergie et de l’hydraulique relativement aux exigences énoncées dans la Décision Administrative du Processus de Kimberley (PK) de juillet 2015 et son annexe. Quatre régions de la République Centrafricaine sont déclarées zones conformes à l’exploitation de diamants bruts conformément au Processus de Kimberley. Il s’agit donc des sous-préfectures de Berberati, Boda, Carnot et Nola.

La République Centrafricaine a été suspendue du Processus de Kimberley en mai 2013 suite à la prise de pouvoir par la rébellion SELEKA. Trois années après, sur la base des progrès réels accomplis par les autorités centrafricaines, la suspension temporaire a été modifiée par la décision administrative du 17 juillet 2015, assortie de conditions de mise en œuvre progressive définies dans l’annexe intitulé « Cadre Opérationnel pour la reprise des exportations de diamants bruts de la RCA « .

Dans la mise en œuvre de ce Cadre Opérationnel, les autorités centrafricaines ont pris des mesures fiscales favorables pour inciter les acteurs au retour à la chaîne légale de commercialisation. D’autres mesures spéciales ont été aussi prises pour assurer la traçabilité renforcée de diamants provenant d’abord de la sous-préfecture de Berberati qui a été déclarée « zone conforme » du Processus de Kimberley en mars 2016. A cela, s’ajoutent d’autres résultats positifs.

La venue à Bangui, du Président du Processus de Kimberley, le 18 Juin 2016, la reprise effective des exportations de diamants bruts en provenance de Berberati, la mise en place d’une plateforme à Bangui lors de la réunion sous régionale des Ministres des Mines des pays producteurs de diamants bruts de l’Afrique centrale tenue du 03 au 04 août 2016, en vue d’échanger des informations sur la fraude transfrontalière et le renforcement immédiat de la sécurisation de nos frontières respectives, la création d’un compte séquestre dans une banque à Bangui pour l’audit des stocks de diamants constitués pendant la période de suspension, avant leur exportation ont abouti à ces résultats probants.

Dans ce même élan, la République Centrafricaine a reçu, du 2 au 9 août 2016, la visite d’une Mission de l’équipe de surveillance du Processus de Kimberly en vue de la confirmation de la proposition du Comité de suivi de désigner les sous-préfectures de Boda, Carnot, Gadzi et Nola comme « Zones conformes » aux exigences énoncées dans la Décision Administrative du PK de juillet 2015 et son annexe, le Cadre opérationnel.

Le 30 août dernier, le ministre Léopold Mboli Fatran a conduit, une importante délégation américaine à Berberati, à l’ouest du pays. L’objectif était d’évaluer la traçabilité d’exploitation de diamants bruts dans cette zone conforme à l’exploitation définie par le Processus de Kimberley et aussi de s’enquérir de l’état de la cohésion sociale entre les communautés.

La délégation ayant effectué cette mission était composée des cadres du département des mines dont le ministre Léopold Mboli Fatran, la ministre des affaires sociales et de réconciliation Virginie BaÏkoua, de l’ambassadeur des Etats Unis à Bangui Jeffrey Hawkins, du directeur Adjoint de l’USAID RDC Scott Hocklander. La mission s’inscrivaitt dans un projet soutenu par l’Agence américaine de Développement (USAID) dans l’exploitation de diamants bruts en République Centrafricaine.

« avons l’honneur de porter à la connaissance de tous les acteurs du secteur minier que le Rapport de cette mission de terrain a été approuvé par le Processus de Kimberley  lors de sa réunion du 19 septembre 2016, en déclarant les sous-préfectures de Boda, Carnot et Nola comme zones conformes, c’est-à-dire que les diamants bruts produits dans ces zones sont désormais éligibles à l’exportation », s’est exclamé le ministre des mines de l’énergie et de l’hydraulique,  Léopold Mboli Fatran dans une déclaration relative à la levée de cette suspension.

Cette décision a été officiellement notifiée par une lettre de la Présidence du Processus de Kimberly, à tous les pays participants et les observateurs, le 26 septembre dernier, et sera communiquée par la même voie au Conseil de sécurité de l’ONU. Dans sa correspondance, le Président a félicité le Président de la République Centrafricaine, les autorités centrafricaines et le Comité de suivi tripartite du Processus de Kimberley pour leur travail et leur engagement soutenus dans la mise en œuvre de mesures de vigilance renforcée garantissant la traçabilité de diamants bruts en provenance de la République Centrafricaine.

Dorénavant, un calendrier mensuel pour les exportations de diamants bruts issus des quatre zones conformes dont Berberati, Boda, Carnot et Nola sera mis en place avec l’équipe de surveillance du PK. A cet effet, le département des mines a lancé des missions de contrôles des collecteurs et de sécurisation des stocks de diamants dans le sud-ouest du pays.

« Des actions vigoureuses seront engagées en vue de réduire les fraudes et la contrebande transfrontalière de diamants bruts. Nous profitons de cette occasion pour lancer un vibrant appel au retour des principaux acteurs miniers déplacés dans les pays limitrophes en vue de la reprise des activités minières en toute légalité « , a déclaré le ministre des mines.

Ces actions vigoureuses porteront sur la proposition d’autres zones conformes de l’ouest du pays et la reprise de contacts avec les acteurs de base dans l’Est du pays en vue de la mise en place des comités locaux de Bria, Sam-Ouandja, Ndélé, Dimbi et Nzako.

Le ministre des mines a attiré l’attention des acteurs de la filière diamant pour le retour à la légalité et à la transparence pour la bonne gouvernance du secteur. A ses collaborateurs du Ministère en charge des Mines et aux agents de l’USA, il leur a adressé un message d’encouragement, de promotion de la probité et de la disponibilité en vue d’un bon fonctionnement de l’institution. Par ailleurs, M. Léopold Mboli Fatran demande à la MINUSCA, partenaire dans la lutte contre la fraude transfrontalière, d’appuyer les éléments de la compagnie de l’USAF installés en province.