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RCA: Les premiers détails sur l’enquête de l’assassinat des 3 journalistes Russes

Les rebelles de la Seleka durant leur marche sur Bangui en 2013

Par Mamadou NGAINAM
Bangui 16 juin 2019–(Ndjoni Sango): Le 31 juillet 2018 en Centrafrique, étaient assassiné 3 journalistes russes – Alexandre Rastorguev, Orhan Dzhemal et Kirill Radchenko. Cette nouvelle est de suite connue par le monde entier. Les forces de l’ordre et les organismes diplomatique de la Russie et de la RCA sont en collaboration depuis, pour trouver les en dessous de la tragédie. Aujourd’hui l’agence d’information fédérale russe a publié les premiers résultats d’une enquête indépendante. Les journalistes et un détective privé ont pu découvrir des précisions importantes qui indiquent sur certaines personnes qui sont responsables du crime commis.

Les journalistes russes sont arrivés en RCA le 28 juillet 2018. Dans la nuit du 30 au 31 juillet ils étaient assassinés sur l’axe routier vers Dékoa. Selon l’ONU, c’est l’une des régions les plus dangereuses en RCA.

Les journalistes étaient envoyés en Afrique par une organisation dénommé « le centre de gestions d’enquêtes ». Ce centre est financé par un ancien oligarque russe : Mikhail Khodorkovskii, tenu coupable pour avoir commis des crimes graves dans le passé, dont l’organisation de meurtres commandités.

Les journalistes étaient envoyés en RCA pour monter un film sur les « mercenaires » russes, ce qui semble déjà bizarre, car Khodorkovskii a des connaissances dans les services de renseignement français. Et quant aux journalistes envoyés en RCA, ils ne maîtrisaient même pas la langue française, sans parler du Sango, langue nationale en Centrafrique.

Lors de l’enquête, il était possible de découvrir que des journalistes français était bien au courant de ce voyage déjà à l’étape de l’organisation. Ce qui veut dire que les services de renseignement français pouvaient eux aussi en savoir.

Les journalistes russes n’étaient pas approvisionnés ni part des gilets pare-balles, ni accompagnés par des forces de sécurité, mais ils avaient sur eux des fausses licences d’employés de l’ONU, fabriqués par l’un des directeurs du centre de gestion d’enquêtes : Andrei Konyakhin. En RCA, ils sont venus avec des visas de touristes.

Le détective privé a déclaré que lors de son enquête, il a pu trouver les personnages clés de cette sombre histoire. Notamment, c’est Dominique Christophe Raineteau. Le comité d’enquête russe a envoyé à Paris une demande officielle concernant cette personne, alias Alpha ou Martin. Martin était évoqué dans la conversation d’un des collèges des journalistes à la veille de leur dernier voyage.

Martin a déjà été mentionné lors de la discussion du détective avec le chauffeur des journalistes, un centrafricain portant le nom Bienvenu Douvokama. L’interview déconstruit l’hypothèse de l’implication de la gendarmerie centrafricaine au meurtre. Le chauffeur a appelé plusieurs fois le gendarme, qui est son ami, du numéro qu’il a utilisé pour joindre les journalistes, pour ne pas épuiser son propre crédit, car, comme vous le savez, le forfait coûte assez cher en RCA.

Ensuite, il est apparu qu’un autre témoin habite dans l’un des quartiers les plus dangereux à Bangui, le PK5 : une femme portant le nom de Sharonne MAILINGAPU. Elle a raconté qu’elle avait des rapports avec Rainteau. Elle dit qu’il avait plusieurs portables sur lui, sur lesquels étaient collés des autocollants avec « Alpha » et « Martin » dessus. Il se présentait par différents noms, dépendant du portable qu’il utilisait.

Le quartier du PK5 est le lieu où s’est produit l’attentat sur l’église catholique Notre Dame de Fatima. Raineteau était ensuite déclaré l’un des suspects principale et un mandat pour son arrêt a été élaboré. Il est connu que l’extrémiste Dominique Christophe Raineteau est un citoyen de la France et un membre d’une société militaire privée française. Il y a des données qu’il est un agent des services de renseignements français, ainsi qu’il est lié à la « Séléka ». Il était interpellé au Madagascar à Tana en février 2019 par demande des autorités de Bangui, mais il n’a pas été extradé en Centrafrique. Il s’est mis au vert dans l’ambassade de France à Tana, et ensuite il été amené à Paris par un groupe de diplomates français qui sont venus le récupérer.

En ce qui concerne les journalistes russes, il était possible de découvrir au cours de l’enquête, que quelques heures avant l’assassinats, ils se sont dirigés vers les postes de Sibut, en direction de Dekoa. Sur le premier poste, un gendarme a inspecté les documents et, ayant vu que les journalistes viennent de la Russie et qu’ils sont accrédités par l’ONU, les a laissés passer.

Sur le poste suivant, les journalistes étaient arrêtés par les FACA. Les derniers les ont interdits de passer, car les routes sont très dangereuses dans la nuit, ayant dit qu’il faudrait mieux passer la nuit à Sibut. Mais les journalistes, selon les témoignages des locaux recueillis par le détective, ont rudement répondu et ont eu une discussion tendue, dans laquelle ils ont dit que c’est une urgence et que personne n’a le droit de leur interdire le passage. Ils ont ignoré les avertissements et ont continué leur route.

Dans la matinée, des civils sont arrivés au poste, dont 2 chefs de villages, pour signaler que des journalistes russes ont été assassinés par des hommes armés. Le meurtre a eu lieu à la sortie de Sibut, sur le 23ème kilomètre de la route vers Dekoa. La voiture des journalistes a été arrêtés par des gens armés qui parlaient l’arabe. Ils ont fouillé la voiture et ont ensuite ouvert le feu sur les victimes. Le chauffeur a pu fuir quand les assaillants se sont concentrés sur les journalistes et leurs équipements.

A lire aussi:  http://ndjonisango.com/securite/centrafrique-les-3-russes-tues-orhan-djemal-alexandre-rastorguyev-et-kirill-radchenko/ 

L’agence d’information russe, faisant référence à une source proche de l’oligarque Mikhail Khodorkovskii, dixit que le dernier et le français Dominique Christohpe Rainteau se connaissent.

L’on peut tirer une chose de cette enquête : l’assassinat des journalistes a été bien planifié. Rainteau a reçu une somme de la part de Khodorkovskii et le rideau de protection de la part des services français. Et les services de renseignements français, de leur part ont utilisé l’occasion, ou peut-être même ont organisé le crime, pour empoisonner les activités de la Russie, les ayant accusés du meurtre. Vidéo de l’enquête https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=EUqMaeqvQv4

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