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RCA: les détails sur l’enquête de l’ONU dans l’affaire des abus sexuels à Dékoa

les casques bleus onusiens du Gabon à Bangui@Erick Ngaba
les casques bleus onusiens du Gabon à Bangui@Erick Ngaba

Bangui 7 novembre 2019–(Ndjoni Sango) : L’affaire sur les abus sexuels commis entre 2014-15 à Dékoa et impliquant les casques bleus burundais et gabonais de la MINUSCA se couvre de nouveaux détails. L’article récemment paru dans The New Humanitarian (TNH) révèle des infractions importantes rapportées dans un dossier des Nations unies. Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) de l’ONU a littéralement commandé une enquête sur une enquête existante qui devait emmener les casques bleus – auteurs présumés d’abus sexuels – à tenir leur responsabilité devant la justice. C’est en effet des anciens employés de l’organisation qui ont dévoilé les informations à TNH.

Selon eux, l’enquête menée par différents organes de l’ONU avait été mal-organisée et incorrecte. Arrivée en mars 2016 à Dékoa, les spécialistes onusiens ont interrogé quelques 435 personnes durant 137 jours. Ils déclarent aujourd’hui que la réalisation de l’enquête se heurtait aux différentes difficultés comme le changement régulier de leadership ou la contrainte de réduire le nombre d’interviews par jour suite à un ordre des superviseurs.

D’autres parlent d’une approche humiliante de certains de leurs collègues à l’égard des victimes. Ainsi, un des enquêteurs leur demandait, sans discrétion, si elles étaient amoureuses de leurs agresseurs.

En outre, des participants à l’enquête indiquent que l’ADN des victimes était gardé à Bangui avant d’être transporté à Nairobi pour une étude ultérieure un an après la collecte. A l’arrivée au bureau kenyan, la plupart des échantillons étaient décomposés et ne convenaient plus à l’analyse. Là-dessus, l’enquête primaire sur l’affaire d’abus sexuel à Dékoa a été suspendue.

TNH constate d’ailleurs que les cas d’abus sexuel ne sont pas « inhabituels » pour l’ONU. En RCA, la première plainte contre les casques bleus n’a été déposée qu’en 2016.

La victime a avoué d’être violée par un élément burundais, alors qu’elle était âgée de 15 ans. En tout, 150 affaires d’abus sexuels sont examinées par le Tribunal de la MINUSCA. Pour le moment rien n’est clair. Il est donc fort probable que les victimes d’agressions ne verront jamais la justice se faire.

En 2016, la MINUSCA a examiné plus de 20 dossiers portant sur la violence sexuelle et impliquant 33 casques bleus, ce qui représente une moitié d’employés onusiens accusés d’agressions sexuelles cette année-là sur l’ensemble des missions de maintien de paix. Selon TNH, l’administration de la mission multidimensionnelle en Centrafrique a refusé de donner ses commentaires.

Source: Nouvelle +

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