Centrafrique : le gouvernement induit en erreur par l’OIM et HCR sur la situation des réfugiés centrafricains maltraités au Mali

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les réfugiés centrafricains au Mali@/photo: Ong Diaspora

Par Eric NGABA

Bangui 03/10/16 (Ndjoni Sango) : Les citoyens centrafricains réfugiés au Mali vivent dans le calvaire qui ne dit pas son nom. Dépassés par les traitements inhumains et dégradants infligés par la police malienne aux réfugiés centrafricains, ceux-ci sont obligés de solliciter l’aide du gouvernement pour rentrer au bercail. Selon les sources proches du gouvernement,  l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), et le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) ont donné des informations erronées aux autorités centrafricaines sur la situation de ces réfugiés qui sont détenteurs des cartes délivrés par le HCR du Mali, lors d’une rencontre à Bangui.

Ils sont 102 réfugiés centrafricains se trouvant dans une situation critique au Mali.  Ces réfugiés centrafricains, demandeurs d’asile pour la majorité et réfugiés reconnus comme tels pour la minorité, accompagnés des enfants en bas âges, dorment à la belle étoile sous la pluie et exposés aux moustiques dans une rue de Bamako au Mali, en face des  bureaux du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(HCR). Maltraités par la police malienne et abandonnés par le HCR du Mali, ces Centrafricains n’ont qu’un seul désir, celui d’être rapatriés dans leur pays. L’OIM et HCR en Centrafrique ont donné des informations erronées au gouvernement sur la situation de ces réfugiés, soit disant que ce sont des migrants centrafricains qui se trouvent au Mali, à en croire une source proche du gouvernement centrafricain.

« Nos compatriotes du Mali vont mal! Très mal ! Ils vivent une situation très difficile,  précaire, sans nourritures, et dans des conditions hygiéniques inacceptables parce que inhumaines. Ils ont pour certains des enfants en bas âges, et pour d’autres des enfants  en âge d’aller à l’école, mais qui hélas  n’iront certainement pas cette année à l’école faute de moyens. La majorité de ceux rencontrés par les membres de notre ONG au Mali  n’ont qu’un slogan dans la bouche: « Passi ni Gué a Hon ndo-ni, É yé ti Kiri na Ködrö ti é!« , a fait savoir Ludovic LEDO, Promoteur de l’ONG  Diaspora Centrafricaine É Kiri Na Ködrö, contacté par la rédaction.

Selon lui, c’est la Commission malienne pour les réfugiés (CNR) qui refuse délibérément d’aider et mettre à la disposition de ces réfugiés ce qui leur est de droit. Il dément les allégations selon lesquelles, ce sont des immigrants centrafricains au lieu de réfugiés.

« Non, c’est la mauvaise version. Ils sont effectivement allés faire un Sit-in devant le bureau du HCR. Mais c’est l’État malien, principalement les responsables de la CNCR qui ont fait venir les éléments de la police militaire pour les faire déguerpir un samedi, alors que le HCR ne travaille pas « , a fait savoir Ludovic LEDO avant d’ajouter : « mais je crois bien qu’il y a une complicité du HCR du Mali, aussi dans cette situation. Nous allons porter plainte contre le HCR, la CNR et la police maliens, car il y a eu trop de dégâts corporels ».

La délégation l’ONG  Diaspora Centrafricaine É Kiri Na Ködrö qui s’est dépêchée au Mali pour s’informer sur la situation, a contacté le gouvernement centrafricain afin de le situer sur l’enfer que vivent ces citoyens centrafricains.

« Effectivement, quand j’ai eu la ministre Virginie MBAIKOUA au téléphone, je lui ai dit qu’il s’agissait des réfugiés centrafricains, détenteurs des cartes de réfugiés. Elle ne m’a pas cru, et m’a demandé de lui envoyer la copie scanné de chaque carte de réfugiés, chose que j’ai faite. Je lui ai scanné presque 90 cartes, et 16 Attestation de demandeur d’asile », a ajouté Promoteur de l’ONG  Diaspora Centrafricaine É Kiri Na Ködrö.

Par ailleurs, les membres de la délégation de l’ONG  Diaspora Centrafricaine É Kiri Na Ködrö sur place au Mali déplorent la passivité du gouvernement centrafricain bien qu’informé réellement de la situation.

« Nous avons informé Madame la ministre des Affaires sociales, Virginie MBAÏKOUA de cette urgence, et même le Ministre Charles Armel Doubane aussi est informé. Malheureusement, on nous fait savoir que le gouvernement se pencherait en ce moment même sur la question. Or, pendant que le gouvernement se penche sur la question avec remarquablement une certaine lenteur protocolaire, nos mamans, frères, sœurs et enfants souffrent énormément ! La situation est bien grave et déplorable! « , a-t-il déploré.

Ils sont 102 réfugiés Centrafricains qui ont quitté le pays durant le conflit pour se retrouver dans cette situation inhumaine au Mali. Ils  sont prêts à renoncer à leur statut de réfugié pour rentrer au pays, simplement parce qu’au niveau de l’État Malien, d’après la délégation de l’ONG Diaspora Centrafricaine, ils vivent dans des conditions inhumaines.

« Les 102 réfugiés qui dorment encore à belle étoile n’ont pas un endroit où aller, ils ne demandent qu’à rentrer chez eux », a conclu Ludovic LEDO.

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