RCA: 5 candidats pour une région à la présidentielle, un premier handicap pour l’opposition

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Les leaders de l'opposition politique centrafricain

Par Mamadou NGAÏNAM

Bangui 15 juillet 2020—(Ndjoni Sango) : A force de trop crier, l’opposition Centrafricaine risquera de finir par se diviser avant ou pendant les élections. Pour l’heure, les grands leaders de cette opposition se sont réunis pour combattre le Président Faustin Archange Touadéra à la présidentielle.

Bien avant, ils étaient dans ce qu’on appelle la plate-forme « E ZINGO BIANI ». Lassés par des divergences intestines puisqu’ils étaient confondus avec les organisations de la société civiles, les points de vue ne convergeaient plus politiquement.

Ainsi, les formations politiques se sont retirés pour créer la COD-20-20 afin d’être libres pour mener leurs luttes politiques sans embouteillages.

En créant cette plate-forme de l’opposition dure, ils se sont fixés l’objectif de mettre de leur côté, le maximum de chance avec des atouts afin d’attirer la faveur des partenaires susceptibles de jouer au pyromane contre une seule personne. Malheureusement, pour eux, Touadéra n’est pas seul face à ses adversaires prétentieux épris de mauvaise foi.

Leurs premiers objectifs étaient de combattre l’ANE, la prorogation exceptionnelle du président de la République pour cas de force majeure et le Code électoral.

Pensant qu’ils ont atteint leurs objectifs qu’ils se sont fixés, ils s’organisent maintenant autour de la candidature de leurs candidats. Incapables de prouver la maturité politique et tous assoiffés de gagner l’élection présidentielle, ils tergivestissent autour d’un candidat unique.

Or, la plupart, s’engagent déjà pour se présenter au nom de leur parti politique en misant sur les critères d’ancienneté ; de compétence linguistique ; des moyens financiers et surtout sur le critère d’appartenance à une majorité d’ethnie.

Ainsi, Anicet Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Joseph Bendounga, François Bozizé, Timoléon Mbaïkoua pro MCU et un sixième larron en la personne de Désiré Dominique Erenon, sont tous issus de la région dit du grand Nord composée des Préfectures de la Nana-Mambéré, Ouham, Ouham-Pende.

Or, il s’avère que le Docteur Erenon Désiré, ancien Directeur de Cabinet du Premier Ministre Ngrébada, est neveu à Martin Ziguélé et celui aussi de MLPC depuis la nuit des temps (de l’Université jusqu’en France et de retour à Bangui).

Il nous semble qu’un divorce serait consommé entre le Dr Erenon et son neveu Ziguélé qui, dit-on, l’aurait abandonné dans des moments difficiles….quant à Anicet Georges Dologuélé, issue aussi de la même région, il s’est dispute avec Ziguélé le leadership du grand Nord.

L’ancien Président François Bozizé, quant à lui dont on doute encore de sa candidature, joue au père de la nation du BASSAM tout cherchant à reconquérir ce bastion perdu depuis belle lurette.

Avec ses gros poissons qui s’associent dans une même marmite, il serait difficile pour eux de créer la surprise en positionnant un seul candidat contre le MCU à multiples couleurs couvrant presque toutes les régions du pays.

Dès lors, il se pose véritablement un problème de leadership au sein de la COD-20-20 qui, pourtant, semble être la plate-forme la crédible de l’opposition.

A propos de Meckassoua, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale n’a de bastion que dans un seul arrondissement de la capitale. Pourra-t-il drainer toutes les voies de ses compères derrière l’opposition ?

Au vu de ce constat, dont les leaders Africains et surtout de l’opposition incapables de s’unir une fois perdu les élections faute de consensus, crée le désordre à travers des contestations et malmènent la pauvre population ignorante dans la rue. Et en fin de compte c’est la crise postélectorale qui mine le pays et nos pays d’Afrique.

Cependant, le MCU comme une tortue, avance doucement et rafle tout ce qui se présente devant lui. Face à l’appétit des uns et des autres avec des intentions cachées, de prendre le pouvoir.

Il ne serait pas étonnant de voir qu’au départ des élections, la COD-20-20 risquerait de s’éclater et nous pouvions faire face à une vingtaine de candidats comme en 2015 si tel est le cas, c’est en ce moment que le peuple centrafricain jugera nos leaders politiques.

Quoiqu’il arrive, nous ne saurions jamais faire preuve d’unité que nous vantions comme héritage du feu Président B. Boganda.  Ainsi, va la politique en Centrafrique, une politique du ventre et une politique de vengeance en prenant le peuple comme des boucs-émissaires ou comme des boucliers.

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