Entrez vos mots clés de recherche et appuyez sur Entrée.

RCA: à l’approche des élections, les défections se multiplient au sein des partis politiques

Par Cyrille YAPENDE

les principaux leaders de l'opposition politique dont Anicet Georges Dologuelé et Karim Mekassoua lors du congrès du PCUD de Patrice Edouard Ngaïssona au palais de la CEMAC à Bangui @photo Erick Ngaba
les principaux leaders de l’opposition politique dont Anicet Georges Dologuelé et Karim Mekassoua lors du congrès du PCUD de Patrice Edouard Ngaïssona au palais de la CEMAC à Bangui @photo Erick Ngaba

Bangui 15 janvier 2020—(Ndjoni Sango) : A  11  mois des échéances électorales couplées de décembre 2020, l’environnement politique centrafricain semble bouger avec les séries de démissions qui se font en cascade. En filigrane, un vent de trahison qui souffle en rafales dans les couloirs de certains partis politiques, puis dans certains groupes parlementaires.

Comme le dit un adage de chez nous, « le ridicule ne tue pas les Centrafricains » c’est sur ce proverbe que nous pouvons qualifier  le comportement de certains hommes politiques, qui par leur manque de maturité politique brillent dans la transhumance politique ces derniers temps. Pendant que les uns créent leurs partis politiques, d’autres continuent encore de secouer la poussière sur les formations politiques qui les ont vus grandir.

La démission politique est un acte noble d’un digne militant, qui se sent en désaccord avec la vision de sa formation ou avec un tiers membre ou encore du leader.

De la même manière dont on a pu adhérer à un parti en toute liberté, on peut autant quitter sans euphémisme. Malheureusement dans la République de Tè kwè, les démissions sont loin d’être motivées par question de vision.

C’est ce qui nous amène à poser plusieurs questions, si les  démissions se justifient par l’adhésion à la vision politique de l’actuel homme fort de la République Centrafricaine, avec son parti le Mouvement Cœurs-Unis (MCU) qui depuis sa gestation en 2018 attire des défections dans la classe politique ou bien les démissionnaires privilégient leur tube digestif.

Une véritable lutte, c’est un combat de positionnement politique engagé à l’approche des élections groupées qui se pointent à l’horizon. Autant de questions qui méritent des vraies réponses de la part des hommes politiques  qui  restent et demeurent dans la vieille logique de la transhumance et prostitution politique.

A qui profitent ces cas de démissions ? Qu’est ce qui réellement peut motiver ces défections à quelques mois des échéances électorales ?

Ces multiples cas de défections trouvent leurs fondements dans la création du parti cœurs-unis de Faustin Archange Touadera, Président de la République, qui attire tant de militants et sympathisants. Aussi,  le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), parti de Martin Ziguele taille aussi la part de lion avec certains cadres et militants des autres partis politiques qui quittent leur formation pour le regagner.

En prenant connaissance de ces nombreuses notes de démissions publiées sur les réseaux sociaux et les ondes nationales, une raison revient à maintes reprises. Les démissionnaires critiquent le leadership de leur ancien partenaire, à qui ils reprochent de faire une opposition stérile ou une mauvaise gouvernance. Et en réponse à ces démissions, les leaders des formations politiques accusent  le Mouvement Cœurs-Unis du président Touadera, d’avoir orchestré ces multiples démissions afin de les fragiliser.

Peut on le constater que les cadres des partis nommés à certaines fonctions peinent à quitter lorsque leur formation en désaccord avec le pouvoir le leur demande. Ce qui laisse dire que faire la politique en République Centrafricaine, c’est d’abord chercher à accomplir ses propres rêves avant de parler de l’intérêt général.

Les partis politiques victimes des cas des démissions

A titre d’illustration, les démissions collégiales de trois (03) membres du bureau politique de l’Union pour le Renouveau Centrafricain(URCA) d’Anicet Georges Dologuélé (AGD) au mois d’Août 2019, il s’agit notamment de Sabi Mandjo, Secrétaire général, Mansour Nimaga, 3ème Vice-président, Pendy Baros, Président de la jeunesse du 3ème arrondissement de Bangui, Jonas Gayi, député suppléant du député de Bocaranga 1, (AGD) et  Fari Tahéruka Shabaaz, l’ancien Secrétaire général et porte-parole du parti Rassemblement pour la République (RPR)  d’Alexandre N’guendet  qui a démissionné le 19 Août 2019 pour regagner le Mouvement Chemin de l’Espérance d’Abdou Karim Meckassoua qui en profite aussi avec les autres.

Il est à signaler que, URCA n’est pas le seul parti qui paye la lourde tribu de ces défections politiques. Le parti de la Gouvernance Démocratique (PGD) du député Jean Michel Mandaba souffre aussi de ce phénomène avec la démission de certains de ses cadres à la fin de l’année 2019 suivi récemment de quelques défections de certains membres qui suivent le mot d’ordre de leurs leaders pour basculer dans le parti MLPC le samedi 11 janvier 2020.

Aussi, le Président du parti Action Républicaine pour le Progrès (ARP), Gaston Mackouzangba n’est pas épargné, tous les membres de son bureau politique et ses militants l’ont quitté pour regagner le navire du parti MLPC qui continue de voir sa maison politique s’agrandir.

Ensuite, le parti Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) a traversé une zone de turbulence à la fin de l’année 2019 avec son groupe parlementaire qui se voit refuser ces représentants au parlement qui n’ont pas voulu quitter la mouvance présidentielle alors que le parti avait lancé un mot d’ordre sans conditions à son groupe parlementaire de se retrancher du navire et se préparer pour les élections qui semblent déjà rudes  pour les formations politiques qui continuent de perdre leurs militants au profit des autres partis. 

Ce phénomène est loin d’être terminé avec certains hommes politiques et députés qui continuent de faire des pieds et mains pour entrer dans d’autres mouvements politiques comme le MCU qui par sa puissance a accueilli les cadres et militants qui sont prêts à quitter leur parti politique.

Cette transhumance politique est devenue une règle pour les hommes politiques de ce pays qui, loin de voir l’intérêt général, s’inscrivent à se remplir le ventre au détriment du peuple qui meurt à petit feu dans l’arrière-pays. Objectif, se faire une place autour du soleil.