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RCA: l’O.N.E désavoue la mise en place des démembrements de l’A.N.E

Par Cyrille YAPENDE

Logo de l’Autorité Nationale des élections en Centrafrique

Bangui 20 mars 2020—(Ndjoni Sango) : La mise en place des démembrements de l’Autorité Nationale des Elections(ANE) ces derniers temps dans certaines villes de provinces et Bangui, continue de susciter des réactions de contestation. Le Secrétaire général de l’Observatoire National des Elections(ONE), Origine Bekondji, a désapprouvé la manière avec laquelle l’organe en charge de gestion des élections, a procédé à cette opération. Il a appelé l’ANE à refaire cette opération en impliquant tous les partis politiques.

L’actualité politique en République Centrafricaine est dominée actuellement par la mise en place des démembrements de l’ANE dans les préfectures, sous-préfectures du pays ainsi que les arrondissements de Bangui. Après que les partis politiques ont de vive voix, dénoncé le format utilisé par l’ANE, c’est le tour de l’ONE, une organisation de la société civile de critiquer ouvertement l’ANE.

L’Observatoire Nationale des Elections, à travers son Secrétaire général, Origine Bekondji, ne voit pas d’un bon œil l’action de l’ANE qui, selon lui, viole la loi et sans passer par le dos de la cuillère il exige la refonte de cette opération.

«La contestation des partis politiques est légitime. Parce qu’au début de chaque opération électorale, l’ANE à l’obligation d’informer toutes les parties prenantes qui sont représentées. D’ailleurs, au sein du cadre de concertation et cela permet à ces dernières d’être informées sur le déroulement des opérations électorales afin de prendre les dispositions nécessaires pour faciliter la réussite de ses opérations à Bangui comme dans les zones de l’arrière-pays en mobilisant massivement leurs partisans et les acteurs qui devraient prendre part dans la mise en place des démembrements», a reproché Origine Bekondji, Secrétaire général de l’ONE.

Ce qui a amené les partis d’opposition à pousser un sacré coup de gueule sur l’ANE, est la non participation de leurs représentants dans la mise en place de ses démembrements, en plus, l’opposition estime pour sa part, que toutes les personnes qui composent dans cette opération, sont issues de Mouvement Cœurs-Unis, qui est un parti politique du régime actuel de Bangui.

Sur ce point, l’ONE appelle l’ANE à prendre sa responsabilité parce que l’organisation des élections leur incombe :

«L’organisation des élections incombe à l’ANE et elle ne l’organise pas pour elle, ni pour les autorités locales, mais elle l’organise pour les parties prenantes, notamment, les partis politiques qui concourent à l’expression du suffrage et pour les citoyens qui sont appelés à faire exprimer leur droit», a-t-il recadré sans langue de bois avant de demander l’annulation de ces opérations qui, pour lui, ne sont pas conduites dans le respect des règles qui ont été prévues dans le code électoral.

Les réponses données par l’ANE sur ce sujet sont loin de convaincre les partis politiques d’opposition et l’Observatoire Nationale des Elections qui demande à l’ANE de trouver un consensus avec les partis politiques pour éviter une crise électorale dans le pays :

« Il ne faut pas créer une crise électorale mais plutôt créer des conditions nécessaires à ce que le consensus soit trouvé sur chacune des opérations électorales. Quand une élection commence par la contestation, elle finira toujours par une contestation, source d’une crise électorale », a fortement recommandé Origine Bekondji à l’ANE, qui continue de poursuivre ces opérations malgré une vague de contestation.

A titre de rappel, cette opération qui continue de soulever les voix, était au centre d’un cadre de concertation regroupant les partis politiques d’opposition et l’ANE ce jeudi 19 mars, lors de cet échange, la Présidente de l’ANE, Marie Madeleine N’kouet-Hoernaert est restée droite dans ses bottes pour préciser que l’organe dont elle à la commande n’est pas prêt à annuler ces opérations sur le terrain. Et quant à l’opposition, en cas d’une crise électorale, l’ANE serait à l’origine de cette crise.