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Centrafrique : au moins 10 civiles tombés hier sous les balles de la Minusca

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Les casques bleus face aux manifestants

Par Eric NGABA

Bangui 25/10/16 (Ndjoni Sango.net) : les évènements malheureux survenus lundi dernier à Bangui lors de la ville morte organisée par le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), ont fait des victimes au sein de la population civile. De source hospitalière, une dizaine de civiles tombés sous les balles des casques bleus de la Mission onusienne en République Centrafricaine (Minusca) qui n’ont pas hésité de faire usage des armes sur les manifestants demandant leur départ. 

La Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (Minusca) continue de faire des victimes dans le pays. Hors mis les viols et abus sexuels commis par les casques bleus de la Minusca, ceux-là qui sont venus à la rescousse de la population civile en Centrafrique n’hésitent pas d’appuyer sur la gâchette contre les civiles.

Les évènements malheureux durant la ville morte du lundi 24 octobre 2016 à Bangui démontrent combien la mission onusienne contribue aux malheurs de la population centrafricaine.  La ville de Bangui et ses environs ont été secouées par des tirs nourris d’armes lourdes et automatiques au petit matin du lundi dernier empêchant ainsi toutes les activités. Des coups de feu tirés par les soldats des Nations Unies ont créé la psychose dans toute la ville. Les administrations, le transport et le commerce ont été paralysés. Des barricades ont été érigées dans toutes les artères de la capitale par les manifestants suivant l’appel de la société civile à la ville morte afin d’exiger le départ sans conditions de la Minusca de la République Centrafricaine.

Procédant aux opérations de démantèlement des barricades érigées sur les voies, les casques bleus de la Minusca ont fait usage d’armes de guerre sur les manifestants pacifiques. Ces opérations se sont soldées par des violences entre les soldats de la paix et les groupes de manifestants occasionnant des morts d’hommes au sein des populations civiles et des blessés. Les témoins sur place ont laissé entendre que les casques bleus de la Minusca, arrivés sur la place des Nations Unies, ont ouvert le feu sur les manifestants. Il s’en est suivi des morts et des blessés transportés par la police nationale en patrouille dans la capitale.

Le Groupe de Travail de la Société Civile par la voix de son Coordonnateur Gervais Lakosso, accuse les casques bleus onusiens d’avoir tiré sur la population civile. Gervais Lakosso rend la Minusca responsable des victimes de la ville morte organisée par la société civile pour exiger le départ des casques bleus. Une accusation rejetée par la mission onusienne qui parle des opérations de démentiellement des barrières.

Selon le porte-parole de la Minusca, Vladimir Montéiro qui fait l’avocat du diable, les casques bleus onusiens ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. De l’avis des Centrafricains, cette déclaration du porte-parole de la Minusca sur les ondes des radios locales, est jugée d’insulte à la mémoire des victimes du barbarisme de la Minusca sur les civiles. Dans un communiqué de presse, la Minusca  dresse un bilan fictif de quatre civils tués et 14 blessés dont cinq casques bleus.

« La Minusca appuie les efforts des autorités gouvernementales afin que des enquêtes rigoureuses soient menées sur les circonstances de ces incidents « , lit-on dans le communiqué.

Le succès de la ville morte de lundi 25 octobre témoins à l’opinion nationale et internationale la rupture totale entre la population centrafricaine et la mission onusienne en Centrafrique ( Minusca ).

Irresponsabilité du gouvernement

Vis-à-vis de la situation qui coute la vie au paisibles centrafricains, le gouvernement s’est montré irresponsable. Est-ce un aveu d’impuissance et d’irresponsabilité ou de la politique de l’autruche ? Le gouvernement à travers son porte-parole Théodore Jusso, prouve à la population son irresponsabilité devant les faits. Le gouvernement, au lieu de prendre des mesures qui s’imposent pour que la Minusca sâche que la Centrafrique est un pays souverain ayant des dirigeants légitiment choisis, accuse plutôt la société civile d’être à la solde des politiques qui visent à saboter la table ronde de Bruxelles prévues le 17 novembre prochain. 

« La société civile c’est l’arbre qui cache la forêt, nous savons que ce sont les hommes politiques qui sont derrière et qui manipulent l’opinion en demandant aux jeunes d’ériger des barricades et ils sont connus des services de police et de justice », a déclaré  Theodore Joussot, porte-parole du gouvernement sur les ondes avant d’ajouter que « les enquêtes de la police sont en cours et le moment venu, le garde des sceaux va faire une déclaration à la presse et le contenu du plan ourdi contre les institutions de la République et ce qui est visé in fine, c’est la table ronde de Bruxelles ».

Finalement, l’on ne peut s’empêcher de poser la question de savoir qui du gouvernement et de la Minusca dirige la République Centrafricaine. Une fois qu’une situation se présente, le gouvernement ne fait que pointer le doigt accusateur au lieu de prendre ses responsabilités, à protéger les Centrafricains tel que prévu par la Constitution centrafricaine. La réaction du gouvernement laisse perplexe la population qui ne sait désormais plus à quel saint se vouer.

 La ville morte, pour le rappeler,  fait suite à une pétition lancée le mercredi dernier par le groupe de travail de la société civile pour demander le retrait des forces de la Minusca et le réarmement immédiat et sans conditions des forces armées centrafricaines (FACA).

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