RCA: risque d’une chute définitive du basketball si les bras de fer perdurent

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Aimé Serge Singha-Bengba président de la fédération centrafricaine de basketball en conférence de presse en avril 2022 @crédit photo Marly Pala

Par Marly Pala

Bangui 5 avril 2022—(Ndjoni Sango) : Le basketball centrafricain connaît ces dernières années une réelle régression. Cela est dû particulièrement à de nombreux malentendus enregistrés dans ce milieu entre le bureau fédéral et le département de tutelle. Alors que l’ingérence de la politique dans la gestion des sports, tue le sport. Ce qui peut impacter gravement sur l’avenir de ce sport roi, tant aimé par les Centrafricains. Comment peut-on y remédier ?

La République centrafricaine est une grande nation de basketball. Mais cette renommée tend à disparaître à cause de plusieurs maux qui gangrènent son épanouissement. Près de deux décennies, le basketball centrafricain se place dans la case rouge en termes de classement, tant sur le continent que dans le monde. Les conséquences sont que la sélection nationale présente à maintes reprises, de mauvais résultats lors des compétitions internationales.

Depuis un certain temps, un bras de fer surgit entre le département des sports et la fédération de basketball. Tout a commencé sur la nomination d’Eugène Pehoua-Péléma à la tête de la direction technique nationale qui, limogé peu de temps après par la fédération de basketball. Mais son limogeage a été contesté par le ministre de la jeunesse et des sports.

Ensuite, la sélection a pris part au récent Afro basket de Kigali où tout a éclaté jusqu’à la sortie pour la première des éliminatoires de la coupe du monde à Benguela en Angola.

Et le 4 avril 2022, le ministre de la jeunesse Aristide Briand Reboas a sorti une décision, portant la destitution du bureau actuel de la fédération centrafricaine de basketball pour les motifs qui sont entre autres, « l’incivisme et détournement des fonds alloués par le trésor public pour des sorties internationales de l’équipe nationale, la désorganisation de la fédération et l’absence d’un plan d’action cohérent ».

Ce que justifie Aimé Serge Singha-Bengba, président de la fédération centrafricaine de basketball, qui qualifie la décision d’illégale :

« Sur la question des fonds, il y a un rapport qui a été établi par l’agent du ministère des finances qui avait été choisi pour gérer ce fond et qui a donné le rapport pour le bureau fédéral, le ministère tutelle et nous avions demandé au gestionnaire de déposer aussi au ministère de la jeunesse. On aurait aimé que le ministre rend public ce rapport. Et comme rien n’est tard, nous sommes obligés de le rendre public. En ce qui concerne l’agrément, il n’est pas à notre époque. Quand nous avons gagné les élections le 20 mars 2021, le bureau sortant a porté l’affaire devant le tribunal arbitral du sport et je peux vous dire que jusqu’à lors, le trésorier général sortant n’a pas encore passé le service. Et le défunt secrétaire général qui fut dans le bureau sortant avait affirmé que le document était daté de 2018 et est déjà déposé au ministère. On nous avait donné 140 millions pour la sortie qui d’ailleurs, n’étaient pas suffisants pour préparer les athlètes locaux et expatriés, nous avons complété et jusqu’à présent, on ne nous a pas remboursés. Tout cela est mentionné dans le rapport», a-t-il justifié.

Il a poursuivi que les éliminatoires de la coupe approchent à grands pas et la ligue n’existait pas depuis la démission du président, Guy-Maurice Limbio, le bureau fédéral avait fait appel aux anciens basketteurs et avait financé le tournoi de présaison qui a été très spectaculaire. Ce qui a permis au staff technique de sélectionner les jeunes joueurs qui commencent déjà le stage.

Cette décision de suspendre le bureau de la fédération intervient alors que l’équipe présélectionnée a démarré les séances d’entraînement pour les préparatifs de la deuxième fenêtre comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde. Ce qui pourra impacter sur la sélection y compris les athlètes au cas où la FIBA inflige des sanctions pour ces cas de bras de fer ou de l’ingérence des pouvoirs publics dans la gestion des sports.

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