Le Soudan se prépare à faire venir des Casques bleus de l’ONU

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Bangui 18 Juin 2022—(Ndjoni Sango): Selon les derniers rapports de sources soudanaises, un déploiement à grande échelle des forces de maintien de la paix de l’ONU est en préparation au Soudan. Cette décision a été prise après une rencontre entre le chef du Conseil souverain soudanais Fattah al-Burhane, la secrétaire d’État adjointe aux Affaires africaines Molly Phee, et également médiatisée par l’ambassadeur saoudien Ali bin Hassan Jafar.

Comment l’ONU a-t-elle trouvé un moyen de pression sur le gouvernement du Soudan

Après le coup d’État militaire du 25 octobre 2021 qui, selon le général Fattah al-Burhane, devait sortir le Soudan d’un état de crise civile et sociale permanente, le nombre de tentatives d’ingérence américaine dans la politique intérieure du Soudan n’a fait qu’augmenter .

L’attitude américaine se manifeste également par la rhétorique dure sur l’aide financière qu’elle avait précédemment promise à Khartoum. L’administration du gouvernement américain a confirmé qu’elle continuerait à faire pression pour que l’armée soudanaise abandonne le pouvoir jusqu’à ce qu’il soit complètement entre les mains des civils. Sinon, l’aide financière censée servir à résoudre les problèmes économiques ne sera tout simplement pas accordée.

Pour augmenter la pression interne, l’étape suivante consistait à organiser un dialogue tripartite. Avec le soutien de l’autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l’Est (IGAD), des mouvements révolutionnaires locaux et de la mission de l’ONU au Soudan UNITAMS, des négociations tripartites ont eu lieu. Cependant, la composante militaire du gouvernement, qui dirige aujourd’hui le pays, a été quasiment exclue de ce dialogue.

Ainsi le chef de l’UNITAMS, Volker Perthes, a organisé un siège politique dans lequel l’ensemble du gouvernement soudanais est désormais pris. La pression interne créée devrait conduire à la démission de Burhane, à la reddition du pouvoir aux civils et à la fuite.

Cependant, la secrétaire d’État adjointe aux Affaires africaines Molly Phee, a suggéré la semaine dernière une issue à la situation difficile. Burhane, on lui a donné un compromis, qui prévoit l’introduction de forces de maintien de la paix de l’ONU sur le territoire du Soudan. De son côté, Washington a proposé de protéger Burhane de toute persécution politique, ainsi que de le maintenir dans le statut de commandant en chef suprême et de président du gouvernement.

Selon des sources internes, le président du Conseil souverain du Soudan a accepté les conditions, mais a également exigé une décision concernant son adjoint, Mohamed Hamdan Daglo, qui possède une force militaire impressionnante et constitue une certaine menace directement pour Burhane lui-même.

À quoi le Soudan doit-il s’attendre après l’introduction des troupes de l’ONU ?

Le chapitre VII de la Charte des Nations Unies affectera principalement l’armée régulière du Soudan. Après l’introduction du contingent militaire, l’armée régulière, comme l’ensemble du complexe militaire, devra faire face à des réductions à grande échelle. Un scénario similaire est suivi par de nombreux experts africains, en particulier ceux dans les pays desquels l’armée onusienne est déjà présente. Le sort ultérieur de l’ensemble du corps des officiers, ainsi que du personnel militaire, reste un mystère, de même que les perspectives d’utilisation du matériel militaire.

Cependant, en plus du limogeage, il existe une menace plus sérieuse pour l’armée soudanaise. Une fois que l’armée de l’ONU aura pris le contrôle, des enquêtes à grande échelle sur la répression des manifestations commenceront. Après ces enquêtes, tout militaire impliqué d’une manière ou d’une autre dans les violentes répressions sera immédiatement arrêté.

Et il ne faut pas s’attendre à une rhétorique épargnée sur cette question de la part de l’Occident, puisque les dernières semaines ont été marquées par une vague de critiques à l’égard de la composante militaire de la part de nombreux pays européens.

Cependant, pour Fattah al-Burhane lui-même, tout semble tout à fait acceptable. Tout d’abord, sa candidature ne sera pas prise en compte lors de l’enquête et, plus encore, sera totalement protégée de toute persécution politique. Deuxièmement, les poursuites affecteront son adjoint, Mohamed Hamdan Daglo, dont les soldats de la FSR ont été impliqués dans la répression du sit-in en 2019. Une telle attention portée à Daglo aidera à soulager Burhane de la pression concurrentielle interne.

En conclusion, il faut dire qu’un tel accord n’est bénéfique que pour le président du Conseil souverain du Soudan, mais pour le peuple et pour les autres militaires, il pourrait se transformer en catastrophe.

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