Centrafrique : Ce que le peuple retient des 100 jours du président Touadera

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Président Faustin Archange Touadera/@Eric Ngaba

Ndjoni-Sango (Bangui 10/07/16) :

Par Eric NGABA

Cent jours, jour pour jour que le président élu de Centrafrique, Faustin Archange Touadera accède à la magistrature suprême de l’Etat Centrafricaine à l’issue d’une brillante élection acceptée par tous. Dans un point de presse tenu au Palais présidentiel en présences de toute l’équipe présidentielle et du corps diplomatique, le président centrafricain dresse le bilan de son quinquennat. Qu’est-ce que les Centrafricains peuvent donc retenir de ses 100 jours ?  

Il y a 100 jours, jour pour jour, que Faustin Archange Touadera a été investi Président de la République, Chef de l’Etat. En ce jour, beaucoup le peuple centrafricain attende des actions concrètes avec la sincérité qu’impose la situation socio-économique, humanitaire et notamment sécuritaire du pays. Car lors des dernières consultations électorales, les Centrafricains ont massivement approuvée la profession de foi du président élu qui a promis la rupture.

« Je me suis m’engagé à respecter strictement les exigences de gestion d’un Etat républicain et démocratique. J’ai donc axé ma gouvernance sur la transparence dans les actes, le dialogue républicain et la recherche du consensus, sur les questions qui divisent », a déclaré le président Faustin Archange Touadera.

Il a accédé à la magistrature suprême de l’Etat dans une situation où la République Centrafricaine a été plongée dans une grave crise militaro-politique qui a durement ébranlé les fondements de la nation et détruit le tissu économique. Certaines parties du pays étaient occupées par des groupes armés qui ont commis des violations massives et répétées des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ces crimes odieux ont été commis à grande échelle et malheureusement en toute impunité. Les fonctionnaires et agents de l’Etat ont dû fuir leurs postes d’affectation pour la capitale, abandonnant ainsi les populations locales à leur triste sort.

Les forces de défense et de sécurité, en déconfiture, ne pouvaient assumer leur mission traditionnelle de protection des personnes, de la propriété et de défense de l’intégrité du territoire. A ce tableau sombre, il faut ajouter la résurgence du phénomène des coupeurs de route, le problème des couloirs de transhumance, les effets nuisibles de la LRA et le grand banditisme.

Pour relever les défis majeurs auxquels le pays est confronté, le professeur Touadera s’est fixé des priorités qui se traduisent par des engagements autour de quatre axes principaux. Il s’agit de la paix, la sécurité et la réconciliation nationale ; l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs ; la réforme de l’administration et en fin de la satisfaction des besoins essentiels. Pour ce faire, les multiples participations du président Touadera et de quelques membres du gouvernement aux foras internationaux ainsi qu’aux rencontres de haut niveau ont permis de renouer le contact avec la communauté internationale et replacer la RCA dans le concert des Nations.

Sur la paix, la sécurité et la réconciliation nationale 

Dans le domaine de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale, il convient de noter que depuis son investiture, le président Touadera s’engage avec son gouvernement pour permettre aux Centrafricains, de tous les horizons, de vivre en paix et en sécurité sur l’ensemble du territoire. Mais malgré cet engagement les populations continuent de vivre le cauchemar d’insécurité chronique sur l’ensemble du territoire national avec attaques perpétrées des groupes armés qui continuent de défier l’autorité de l’Etat.

« C’est donc dans la recherche effrénée de la paix que j’ai reçu et discuté avec les responsables des groupes armés et des groupes militaro-politiques, afin de les exhorter à adhérer volontairement au processus DDRR. Ce n’est pas un acte de faiblesse, mais c’est parce que j’ai la conviction que la paix réside dans le dialogue et qu’aucun pays ne peut se développer sans la paix et la sécurité « , a fait savoir le Président de la République.

Pour réponde à cet impératif de sécurité et de défense du territoire national, le président de la République entamé le processus de réorganisation des FACA, grâce à l’appui de la communauté internationale et le retour à l’ordre constitutionnel. « Mon ambition, dois-je le rappeler, est de passer d’une armée de projection à une armée de garnison », a-t-il souligné dans son discours.

Les FACA, tant réclamées par le peuple centrafricain, doivent reprendre leur mission régalienne qui est celle d’assurer la protection des personnes et des biens et de défendre l’intégrité du territoire menacée par des escadrons de la mort qui prennent en otage les paisibles populations. Pour ce faire, le président a indiqué qu’une chaîne de commandement organique et fonctionnelle est mise en place. De nombreuses formations non opérationnelles et des cycles de recyclages des officiers et sous-officiers ont été dispensés par l’EUMAM (Forces de l’Union européenne) et la Mission onusienne, la MINUSCA. Par ailleurs, le président Touadera a indiqué qu’il a  négocié et obtenu la réouverture des coopérations bilatérales avec l’Egypte, le Maroc et la Chine sur la question de la Défense.

Tirant les leçons de l’ancien DDR, il est créé, au sein de la présidence de la République, un Comité stratégique du DDRR/RSS/RN et un comité technique aux fins de me permettre de suivre personnellement la mise en œuvre de ce programme. Sur invitation du Groupe des Amis de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) des Nations-Unies et avec l’appui de la MINUSCA, une délégation de la République Centrafricaine composée du Ministre de la Défense Nationale, du Ministre Conseiller spécial, Coordonnateur du DDRR/RSS/RN à la Présidence de la République, du Président de la Commission Défense à l’Assemblée Nationale et du Conseiller à la Présidence de la République chargé de la RSS, a effectué une mission à New-York, au siège des Nations-Unies, aux fins de présenter les stratégies et programmes de la RSS en RCA.

« Au cours de cette grande rencontre, tous les participants ont décidé de soutenir nos efforts, et ce, en reconnaissance des efforts de dialogue que j’ai entrepris dès ma prise de fonction en direction des groupes armés » a martelé le professeur Faustin Archange Touadera avant d’ajouté :  » Je saisis cette occasion pour saluer les engagements de la France, du Maroc, de l’Italie, de la Suède, de la Banque Mondiale et des USA qui ont annoncé des financements déjà disponibles pour certaines actions du DDRR et de la RSS « .

En ce qui concerne la sécurité intérieure, le président a fait savoir que la Gendarmerie et la Police ont connu une montée en puissance de leurs capacités opérationnelles, grâce au déploiement des Gendarmes et Policiers dans certaines villes de province, à savoir Bambari, Boda, Bria, Ndélé, Bozoum, Paoua, Carnot, Gadzi, Bocaranga, Bossangoa et Koui. Sur les 122 Brigades de Gendarmerie, 96 sont déjà opérationnelles. Cette opération doit s’étendre petit à petit à d’autres villes de provinces, sur la base d’un plan prévisionnel.

« Nous avons, en perspectives, de créer au moins trois(3) Légions de Gendarmerie Territoriale et Mobile et un Escadron de Gendarmerie Mobile par Groupement pour prendre en compte la densité de la population et l’augmentation du taux de criminalité dans les villes », a-t-il renchéri.

Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité doivent renforcer le contrôle des frontières centrafricaines contre les menaces asymétriques, la cyber criminalité transfrontière, la prolifération des armes légères et des petits calibres, le blanchissement d’argent, le trafic de drogue et de stupéfiant, le terrorisme et la traite des humains. Le Gouvernement s’attèle à l’assainissement des effectifs tout en veillant au changement de comportement afin d’avoir  des soldats aptes à accomplir les missions qui leurs sont dévolues. Dans le domaine de la justice et des droits de l’homme, convaincu que seule une lutte implacable contre l’impunité peut créer les conditions de rétablissement de l’Etat de droitle président de la République a promulgué, le 3 juin 2016, la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Cour pénale spéciale. Pour cela, un comité de sélection des membres nationaux est mis en place.

S’agissant des membres internationaux, le Gouvernement a déjà approuvé la procédure et les termes de référence soumis par les Nations-Unies. « Je ne renierai pas mon ambition de faire de notre pays un Etat démocratique, et vous savez qu’il n’est pas d’Etat démocratique sans une justice forte et équitable » a réitéré Faustin Archange Touadera qui a ajouté qu’en matière de promotion et de protection des droits de l’homme :  » j’exhorte l’Assemblée Nationale a voté très rapidement la loi portant création de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales en vue de sa promulgation ».

Dans ce même chapitre, il a fait de la Réconciliation Nationale une des priorités de son action. C’est ainsi qu’il a instruit le gouvernement de célébrer, le 11 mai 2016, la mémoire de victimes des conflits en Centrafrique et à organiser un séminaire gouvernemental d’échanges et d’appropriation du processus de mise en place de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation. A cet effet, des Comités locaux de Paix ont été créés aux fins de démarrer les actions visant la cohésion sociale et le vivre ensemble au sein des communautés de base.

Sur l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs 

Ce secteur constitue des axes importants de son quinquennat, tant les méfaits de la corruption rampante sur l’économie et les finances publiques ne sont plus à démontrer. C’est pourquoi, le président Touadera a instruit le gouvernement de faire l’état des lieux de tous les secteurs. L’objectif, selon lui, est de permettre au gouvernement de tirer les leçons du passé et de mettre en place un système continu de contrôle a priori et a posteriori en vue d’obliger les administrateurs de crédits, les gestionnaires et les comptables à la bonne gouvernance qui est un gage de réussite dans le développement économique du pays. Pour cela, les Ministres devront collaborer avec les institutions supérieures de contrôle du pays. Sur les Finances publiques durant ces Cent premiers jours, l’accent a été mis sur la Coopération Internationale. En effet, le gouvernement a signé un programme de Facilité Elargie de Crédits (FEC) avec le FMI d’un montant de 66, 7 milliards de FCFA.

Il a obtenu de la Banque Mondiale le financement des politiques sectorielles (agriculture, élevage, mines, forêts et énergie) pour un montant de 66 milliards de FCFA. Il faudra mentionner la mobilisation auprès de la Banque Africaine de la somme de 1.115, 3 millions de FCFA. Dans le cadre de la coopération bilatérale, le gouvernement a obtenu du Fonds Saoudien pour le Développement (FSD) le versement de l’avance d’environ 1, 7 milliard de FCFA, pour le projet de réhabilitation du tarmac de l’aéroport Bangui M’POKO d’un montant total de 7, 5 milliards de FCFA ; la signature d’un contrat de 6 milliards de FCFA pour la réalisation du  projet de reconstruction de la route aéroport-PK0 ; le projet de renforcement des capacités de l’ENERCA par la construction de quatre générateurs pour un montant de 6 milliards de FCFA. Avec la France, le gouvernement a obtenu un appui budgétaire d’environ 5 milliards de FCFA sous financement AFD. A cet effet, le gouvernement organisera une conférence des donateurs prévue le 17 novembre 2016 à Bruxelles, aux fins de mobiliser davantage les ressources nécessaires au développement du pays.

Dans le domaine de l’énergie, de l’hydraulique et des mines

Il s’est agi d’apporter des réponses concrètes aux problèmes fondamentaux qui se posent au pays, notamment les délestages d’électricité, les pénuries d’eau potable et  l’embargo sur les exportations de diamants bruts. Les premières actions menées dans ces domaines commencent à porter leurs fruits. Il s’agit donc de l’installation des lampadaires solaires au  niveau de l’hôpital général de Bangui, du Lycée des Martyrs, des Commissariats des huit Arrondissements de Bangui et de l’Avenue des Martyrs ; le remplacement des cinq turbines de l’usine de Boali 1 sur financement de la Banque mondiale ; la réhabilitation de trois groupes de la centrale thermique de Bangui sur financement de la BAD ; l’installation des lampadaires solaires photovoltaïques au PK 26 route de Boali en vue de la réouverture du site douanier et à Nguerengou, route de Damara ; et de la levée partielle de l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains, ce qui va certainement soulagé les acteurs du secteur et je pense ici particulièrement aux artisans miniers.

 » J’ai donc instruit le gouvernement de suivre les travaux de réhabilitation des  installations de l’usine de Boali 1 ; la réalisation des travaux relatifs à l’augmentation des capacités de Boali 2 et Boali 3 d’ici trois ans. Grâce à l’effort du gouvernement, le Trésor a déboursé 600 millions de FCFA pour acheter du carburant et de lubrifiants dans les groupes thermiques de Bangui pour atténuer les effets de délestage d’électricité dus aux arrêts de l’usine de Boali 1 « , a déclaré le président de la République tout en faisant savoir que le gouvernement veillera également à la réalisation de l’étude de faisabilité de la centrale hydroélectrique sur le site de DIMOLI (200MW) et celui de Lobaye (72MW).

En ce qui concerne les mines, la priorité est la levée totale de l’embargo sur la commercialisation des diamants. C’est dans ce cadre que sur l’invitation du Président Touadera, le Président du Processus de Kimberley a séjourné du 17 au 21 juin 2016 à Bangui afin d’évaluer le niveau de sécurité dans les autres zones minières de l’Ouest du pays et discuter directement avec les acteurs de ce secteur productif.

« Je réaffirme que l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains n’a pas atteint l’objectif escompté, bien au contraire, il a privé l’Etat d’énormes ressources et encouragé le trafic illicite de nos diamants vers des marchés parallèles. Par ailleurs instruit le gouvernement de tout mettre en œuvre pour que notre pays reprenne sa place au sein de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) » a-t-il déploré.

Sur l’agriculture et du développement rural, 

Selon le Professeur Touadera, le Gouvernement a finalisé et édité les plans régionaux d’actions prioritaires de développement agricole 2016-2018. Il a par ailleurs relancé les activités de la Cellule Coton de Bossangoa pour la production des semences en vue de la campagne 2017 avec reprise en vue des activités de la SDIC. Par ailleurs, le gouvernement a renoué le dialogue avec Géo coton en vue de la relance de la filière coton dans les autres préfectures cotonnières. Il a mis en place une cellule chargée de l’opérationnalisation de l’Office National du Matériel Agricole et pastoral et la Cellule Agriculture-Environnement chargée d’élaborer les stratégies nécessaires à la mise en application des dispositions de la COP 21de Paris 2015.

La poursuite des rencontres avec les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, le rapprochement du milieu rural, pour redonner confiance aux acteurs ruraux et crédibiliser la politique du Gouvernement en matière agricole sont les perspectives de mon action immédiate. Parallèlement, le 11ème Programme Indicatif National du Fonds Européen de Développement (FED) se poursuivra par la formulation des stratégies d’intervention dans le secteur agricole et rural en prenant en compte un autre axe de concentration qui concerne l’éducation et la formation professionnelle des jeunes.

S’agissant de l’élevage et de la santé animale, et sur le plan de la production animale, le gouvernement a assuré le suivi-encadrement de 500 jeunes formés ayant bénéficié de kits avicoles dans les huit arrondissements de Bangui, Bimbo et Begoua pour la conduite d’élevage de poulet de chair et l’encadrement de 60 groupements des pisciculteurs formés aux nouveaux itinéraires techniques piscicoles et dotés en matériels piscicoles à Bangui. Il a assuré le suivi de 27 hectares aménagés et empoissonnés de tilapia niloticus. En matière de protection animale, des campagnes de vaccination du bétail ont été réalisées avec l’appui du Fonds BEKOU et la participation de la FAO, de l’ANDE, de la FNEC et des ONG.

« J’ai instruit le gouvernement d’orienter les jeunes vers l’aviculture et la pisciculture professionnelles afin qu’ils contribuent à la sécurité alimentaire et à l’économie nationale. J’envisage donc intégrer les diplômés-chômeurs dans l’encadrement des éleveurs. J’ai également instruit le Gouvernement de tout mettre en œuvre aux fins de démarrer la prochaine campagne de vaccination avec l’objectif d’atteindre », a annoncé le Président centrafricain.

La création d’un marché à bétail terminal répondant aux normes, la réduction des abattages clandestins pour ne pas porter atteinte à la santé publique, ainsi que l’ouverture progressive des marchés à bétail à l’intérieur du pays constituent  l’essentiel de ce qui est envisagé dans un proche avenir.

Sur la restauration de l’autorité de l’Etat

D’après le président Touadera, le bilan de la restauration de l’autorité de l’Etat est éloquent : 13 Préfets sur 16, 63 Sous-préfets et leurs collaborateurs sont en poste. Aussi, selon le rapport de mission de redéploiement des fonctionnaires et agents de l’Etat, au moins 80% de ceux-ci sont redéployés à leurs postes d’affectation, ce qui permet de rapprocher l’administration des administrés. Afin de moderniser notre administration, le gouvernement a mis en place un système de gestion du personnel de l’Etat et de la solde par la fusion des deux bases de données en vue de garantir la sécurité du fichier.

L’Office National d’Informatique a développé une application de suivi des mouvements mensuels (AS2M) en vue de la mise à jour régulière de la situation administrative des Fonctionnaires et agents de l’Etat par les directeurs de ressources, sous la supervision de la Direction générale de la Fonction Publique. « J’ai ordonné que le projet de loi portant code des collectivités territoriales et se trouvant sur la table de l’Assemblée Nationale soit voté et promulgué dans les meilleurs délais » a-t-il fait savoir.

Dans le cadre de la satisfaction des besoins essentiels, 

« J’ai fait de l’éducation et la formation le point nodal de mon action », a rappelé le président Faustin Archange Touadera. Sous son impulsion, les besoins prioritaires ont été  identifiés parmi lesquels les manuels scolaires et matériels didactiques dans les écoles. Le gouvernement avec l’appui multiforme de la Coopération française a élaboré le projet « Londo Education » qui vise à mettre à la disposition des instituteurs des outils techniques performants afin de leur permettre, en situation de classe, d’améliorer leurs prestations. Préoccupé par la modernisation de l’Education Nationale, le professeur Faustin Archange Touadera a instruit le gouvernement qui, grâce à l’appui de la Coopération Française, a formé 60 formateurs à l’utilisation des liseuses numériques et a remis 200 liseuses comprenant les fiches pédagogiques des six premières années du primaire aux instituteurs du centre pédagogique régional de Mbaïki.

Sur le plan de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le gouvernement a payé les arriérés de vacations à l’Université de Bangui et créé cinq écoles doctorales à l’Université de Bangui.En ce qui concerne l’éducation de base (F1-F2) et l’enseignement général, le gouvernement a été instruit pour redynamiser le système scolaire par la formation des ressources humaines de qualité et en quantité. Ainsi, le professeur a annoncé la création de deux écoles normales d’instituteurs à l’Ouest et au Nord pour la formation de 120 instituteurs à raison de 360 enseignants et passer ainsi du ratio enseignant/élève de 1/120 – 220 à 1/80. Dans cet élan, il a instruit le gouvernement  d’augmenter le budget de l’Education Nationale qui est de 4% à 22 % pour qu’elle s’assume pleinement.

« En ce qui concerne l’enseignement technique, la réhabilitation des centres des formations techniques et professionnelles, la création d’un lycée technique de grande envergure pour limiter la main d’œuvre extérieure ainsi que la création des centres d’alphabétisation pour récupérer les enfants déscolarisés et assurer leurs réinsertions sociales, professionnelles et leurs auto-prises en charge constituent l’essentiel de mes actions dans l’avenir « ,a-t-il fait savoir.

Dans le cadre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, son souhait le plus ardent est de hisser l’université de Bangui au rang des universités internationales et surtout par rapport au système Licence – Master – Doctorat (LMD).

Pour ce faire, l’accroissement de la capacité d’accueil de l’université, la création des universités régionales à Berberati et à Bambari dont le projet de loi va être soumis bientôt à l’Assemblée Nationale, le recrutement et la formation des enseignants dans toutes les filières, l’amélioration de leurs conditions de travail, le renforcement des capacités opérationnelles et la création d’un cadre institutionnel du développement en lien avec les pôles d’excellence et le développement de la recherche scientifique devaient permettre d’atteindre les objectifs en la matière. Dans le domaine de la Santé, de l’hygiène publique et de la population, le gouvernement a réhabilité certaines structures sanitaires détruites et équipé 170 formations sanitaires en matériel biomédical. A cet égard, un accent particulier sera mis sur la construction d’un centre devant abriter le scanner et l’hémodialyse sur financement du projet de la BAD et le redéploiement des 15 kits solaires dans les régions sanitaires avec l’appui de la Banque Mondiale. S’agissant des personnes vulnérables, le président dit avoir instruit le gouvernement d’assurer la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire.

Un projet d’un montant de 4.500.000 Euros appuyé par l’UNICEF et l’Union Européenne ciblant les enfants de moins de cinq ans dans six préfectures sanitaires est en cours d’exécution dans deux préfectures pilotes, à savoir la Nana-Gribizi et l’Ouham. Le projet conjoint entre le Ministère de la Santé et celui de la Jeunesse intitulé « Appui à la réduction de la vulnérabilité des adolescents et jeunes » dans les localités de Bangui, Bimbo, Boda, Yaloké, Bouar, Sibut, Dékoa, Kaga-Bandoro, Kouango et Bambari d’un montant de 1.573.542 Dollars US avec l’appui de l’UNFPA et l’UNICEF, en cours d’exécution, va permettre la prise en charge de la santé des adolescents et des jeunes.

Sur la question du déficit grave en matière de logement accru par les conflits armés ayant occasionné les destructions d’habitations et les déplacements massifs des populations vers les abris de fortune, le Président veut faire du logement des centrafricains en général et des personnes déplacées internes et refugiées en particulier l’une des urgences à résoudre. Ainsi, les actions de plaidoyer qu’il ’a menées ont commencé, selon lui, à porter leurs fruits et il importe de noter l’octroi par le Maroc d’un don de 100 logements sociaux. La phase opérationnelle de ce don permettra, dans un futur proche, de soulager les souffrances des Centrafricains par l’attribution et le relogement progressif des personnes déplacées internes dont les habitats ont été sinistrés et dont la précarité des conditions n’est plus à démontrer.

La réussite de l’objectif de développement socio-économique passe par les infrastructures de base. Car il ne peut y avoir développement sans un réseau routier permettant de relier les villes et villages ainsi que la RCA à d’autres régions du monde par la desserte aérienne. C’est ainsi que des opérations d’urgence ont été réalisées pour améliorer les infrastructures routières prioritaires et sauvegarder le réseau routier.

« J’ai instruit le gouvernement de saisir l’entreprise chinoise pour le démarrage dans les meilleurs délais la construction du pont SAPEKE dont le coût des travaux s’élève à 5.500.000.000 FCFA. Grâce au financement du Fonds saoudien, un projet de financement des travaux de bitumage qui s’étend de PK-0 jusqu’à l’Aéroport international de Bangui M’POKO pour un coût total de 6.500.000.000FCFA sera réalisé « , a-t-il ajouté.

Dans le cadre des projets intégrateurs, il est prévu les études de la route OUESSO-BANGUI-NDJAMENA et de la navigation sur le fleuve Congo, les rivières Oubangui et Sangha dont le coût des travaux est de 4 milliards de FCFA. En ce qui concerne le transport aérien, le gouvernement a signé des accords aériens avec les EMIRATS ARABES UNIS et le RWANDA pour renforcer la desserte aérienne de la RCA. Grâce au fonds saoudien, le gouvernement centrafricain a démarré les travaux de réhabilitation de la piste de l’Aéroport et la route allant de l’Aéroport au PK-0.

« Comme vous l’avez constaté, les défis qui nous interpellent sont à la mesure des espoirs nombreux et constants et pour les relever, il me paraît logique de les inscrire dans la logique de la rupture. Le Gouvernement a déployé beaucoup d’efforts à travers la prise des mesures pour résoudre les défis qui se posent à nous. Leurs impacts sont timidement palpables au vu de l’immensité des attentes. J’ai rappelé dans certaines circonstances que nous revenons de loin, de très loin. Le relèvement du pays prendra du temps, mais il doit se faire si nous voulons reconquérir notre place dans le concert des nations », a martelé le président Touadera qui a cité le proverbe selon lequel :  » Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants, pour faire mal, un jour suffit amplement ». Et pour bien faire, d’après lui, il faut choisir des cadres et agents de l’Etat lucides et clairvoyants, dotés de compétences et d’intégrité morale.

« Nous avons trop fait la guerre et personne n’en est sortie vainqueur. Nous devons, tirant les leçons de cette malheureuse aventure, éviter de créer d’autres conditions d’embrasement de notre pays. La communauté internationale est lassée de porter le poids de nos errements politiques. Il nous faut marquer un pas et retourner résolument sur la voie de la bonne gouvernance, du dialogue, de la cohésion sociale et du vivre ensemble », a-t-il martelé.

Ainsi, la sécurité, le DDRR, la RSS, la levée de l’embargo sur les armes imposée aux FACA, la réconciliation nationale, la question de retour des déplacés et réfugiés, la lutte contre l’impunité et les inégalités sociales, voilà ce qui continuera à mobiliser l’énergie du président Faustin Archange Touadera et celle du gouvernement dans les prochains jours.

Eric NGABA

 

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