RCA: le président Touadera clarifie le limogeage de la présidente de la cour constitutionnelle

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Danielle Darlan ancienne présidente de la cour constitutionnelle

Par Erick NGABA

Bangui 2 novembre 2022—(Ndjoni Sango) : C’est au cours de sa rencontre avec le corps diplomatique Bangui, le 28 octobre 2022 à Bangui, que le chef de l’Etat centrafricain, Faustin Archange Touadera, a brisé le silence afin de clarifier l’opinion nationale et internationale sur le limogeage Danielle Darlan à la présidence de la cour constitutionnelle. La mise à la retraite et l’accointance avec l’opposition, voilà en gros les motifs évoqués par le président Touadera dans sa déclaration devant les ambassadeurs accrédités à Bangui.

«…vous avez observé avec nous que dans une déclaration sur l’Etat de droit et l’indépendance de la Justice, publiée avant sa décision du 23 septembre 2022, la Cour Constitutionnelle a remercié des entités politiques, la société civile, des individus et pire les requérants regroupés au sein du Bloc Républicain pour la Défense de la Démocratie, pour les soutiens politiques que ceux-ci lui ont apportés », a déclaré Faustin Archange Touadera. 

Pour le président centrafricain, cette déclaration « d’amour » entre la Cour Constitutionnelle et l’opposition démocratique a alimenté le doute sur la véritable indépendance de cette haute juridiction. « Je ne sais pas si vous avez déjà vécu cela dans vos pays respectifs. Mais de mémoire de Centrafricains, une telle relation inappropriée n’a jamais existé avant » s’est-il interrogé lors de ces échanges avec les diplomates à Bangui.

Face aux nombreuses critiques qui fusent de partout après le décret présidentiel abrogeant celui entérinant l’ancienne présidente de la cour constitutionnelle, le président de la République a jugé de lever l’équivoque.

Devant le corps diplomatique, Faustin Archange Touadera a rappelé l’inamovibilité qui garantit l’indépendance des juges. « Il faut également rappeler que l’inamovibilité, garantie essentielle de l’indépendance des juges, leur impose de préserver leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et même des partis politiques, en s’abstenant notamment de toute relation inappropriée avec leurs représentants et en se défendant de toute influence indue », a-t-il rappelé.

Par ailleurs, le président Touadera a précisé que la mise à la retraite n’est ni une poursuite, ni une arrestation, ni une atteinte à l’indépendance, ni une mutation d’office d’un juge constitutionnel, sans autorisation de la cour constitutionnelle, moins encore une sanction ou une démission forcée.

En dépit de ces situations, le président Touadera a rappelé que le gouvernement a toujours pris acte de toutes les décisions de la cour constitutionnelle.

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